Meurtre d’Adrien Perez devant une discothèque : 15 ans de réclusion pour Younès et Yanis El Habib


Adrien Pérez a été tué le 29 juillet 2018 à Meylan. (DR)

Deux hommes de 22 et 23 ans ont été condamnés ce vendredi par la cour d’assises de l’Isère à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué Adrien Perez, dans un déchainement de violences, le 29 juillet 2018, à la sortie d’une boite de nuit de Meylan. Un troisième accusé a écopé d’une peine de deux ans de prison avec sursis.

La nuit du drame, Adrien Perez était venu fêter ses 26 ans avec des amis, dans la discothèque « Le Phoenix » à Meylan. Il a été tué à coups de couteau dont l’un qui l’a atteint au niveau du cœur, à la sortie de cette boite de nuit. Deux frères, Yanis et Younes El Habib, âgés de 22 et 23 ans ont été condamnés ce vendredi à 15 ans de réclusion criminelle après dix jours de procès, pour des faits de « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Les deux accusés étaient initialement poursuivis pour « homicide volontaire ».

Vers 5h30 du matin cette nuit-là, Adrien Perez sortait du Phoenix avec plusieurs amis. Le petit groupe a alors été pris à partie par trois individus, Yanis et Younes El Habib ainsi que Liam Djadouri. Tout va ensuite très vite. La scène a été filmée par une vidéosurveillance et les images glaçantes ont été diffusées lors du procès. Yanis El Habib roue de coups Thibault, l’un des membres du groupe d’amis avec qui il avait eu un différend dans le sas de la boite de nuit. La victime se retrouve au sol et continue à recevoir de violents coups. « Le premier qui touche à mon frère, je le découpe », lâche Younes. Yanis continue à donner des coups à Thibault.

« Je m’appelle Yanzo et je vous ai tous niqués »

Adrien Perez décide alors de s’interposer pour mettre fin à ce tabassage en règle et ainsi protéger son ami. C’est à ce moment-là qu’il est sauvagement agressé à son tour par les deux frères. Poignardé à plusieurs reprises, notamment au cœur, le jeune homme qui venait d’avoir 26 ans est décédé. Son ami Thibault a quant à lui frôlé la mort. Deux autres amis ont été blessés. « Je m’appelle Yanzo et je vous ai tous niqués », a crié Yanis en levant les bras au ciel devant les victimes, avant de quitter les lieux, raconte Le Parisien.

Les deux accusés principaux, Yanis et Younes El Habib, ont insisté sur le fait qu’ils ne voulaient pas tuer Adrien Perez. « Je pensais viser les jambes, pas le cœur », a affirmé Younes durant le jugement. Les enquêteurs estiment que son frère avait lui aussi un couteau mais impossible d’en avoir la certitude sur les images de vidéosurveillances qui sont de mauvaise qualité. Un peu plus tôt dans la nuit, dans le sas de cette discothèque, un différend avait eu lieu. Yanis El Habib a dragué Charlotte qui faisait partie du groupe d’amis du défunt. Il lui a demandé son numéro, ce qui a irrité Thibault. « Il m’a pris par le cou, m’a étranglé, insulté. Je me suis senti humilié. J’avais de la haine, de la colère », a justifié Yanis. « Aujourd’hui, le seul sentiment que j’ai en voyant cette vidéo, c’est la honte », a-t-il ensuite exposé, alors qu’il était interrogé par la présidente de la cour sur ce niveau de violences invraisemblable.

Un moment de « sauvagerie pure »

« Le plus grand regret de ma vie, c’est d’avoir sorti ce couteau. Je regrette réellement ce qui s’est passé. Je comprends que la famille d’Adrien Perez ne me pardonnera jamais. Je m’excuse sincèrement. Je devrais vivre avec ça toute la vie, j’y penserai toute ma vie », a formulé Younes El Habib dans son box, relève France Bleu. « Depuis le début de cette malheureuse affaire, j’ai été honnête, sincère. Je comprends qu’on puisse ne pas me croire. Je regretterai toujours d’avoir été le déclencheur de tout cela », a ajouté son frère.

« L’absence de casier judiciaire de Younes et Yanis El Habib » ne doit pas faire oublier « le carnage » pour lequel les deux accusés sont poursuivis a rappelé l’avocat général. « Vous n’êtes sans doute pas des tueurs, mais vous êtes des criminels du petit matin, des criminels d’occasion », leur a-t-il lancé, évoquant un moment de « sauvagerie pure », avant de réclamer une peine de 20 ans de réclusion criminelle contre les deux hommes.

Yanis et Younes El Habib ont été condamnés à 15 ans de réclusion criminelle. Leurs avocats ont annoncé qu’ils ne feraient pas appel de cette décision. Le troisième accusé, Liam Djadouri, qui était poursuivi pour des violences aggravées sur Joséphine – une autre membre du groupe d’amis – a quant à lui écopé d’une peine de deux ans de prison avec sursis. L’avocat général avait requis moitié moins. Son avocat, Me Ripert, envisage de faire appel. « Il n’a frappé personne, mais comme il était avec les frères El Habib, il a été condamné », a-t-il réagi à France Bleu.

« Celui qui a tout perdu, aujourd’hui, c’est mon fils Adrien »

Des peines qui n’effaceront pas la douleur de la famille d’Adrien Perez. « Ce verdict ne me fait ni chaud, ni froid », a sangloté le père du jeune homme décédé, à la sortie de l’audience. « La sentence ne changera pas la douleur qui est la mienne depuis le 29 juillet 2018 et qui ne me quittera pas jusqu’à la fin de mes jours. J’ai failli mourir avec ma peine ». « Celui qui a tout perdu, aujourd’hui, c’est mon fils Adrien. Il a perdu la vie, il n’est plus là. Pendant ce procès, j’ai tenu pour lui. Je sais qu’il était avec nous », a-t-il assuré.