Meurtre de Mireille Knoll : les deux suspects seront jugés aux assises pour crime antisémite


Mireille Knoll a été tuée le 23 mars 2018 dans son appartement à Paris. (photo EPA/MAXPPP)

Yacine Mihoub et Alex Carrimbacus, les deux hommes accusés du meurtre de Mireille Knoll, seront jugés pour « homicide volontaire » aggravé par deux circonstances.

Les juges d’instruction en charge de l’affaire Mireille Knoll, une femme juive de 85 ans, ont décidé dans leur ordonnance, de renvoyer les deux suspects devant la cour d’assises de Paris pour « homicide volontaire » aggravé par deux circonstances explique Le Parisien.

La première par le fait que la victime qui était atteinte de la maladie de Parkinson, était une « personne vulnérable ». Et la seconde en raison de la religion de l’octogénaire. Cette dernière était une survivante de la Rafle du Vél d’Hiv. Les juges ont ainsi suivi les réquisitions du procureur de la République.

Ils se renvoient les responsabilités

Les deux mis en cause, Yacine Mihoub, 30 ans, et Alex Carrimbacus, 24 ans, se sont renvoyés mutuellement la responsabilité de ce crime durant les deux ans d’enquête.

Le premier suspect, M. Mihoub, était le voisin de la victime. Tandis que l’un des suspects accuse le second d’avoir tué l’octogénaire lors d’un cambriolage qui a mal tourné, l’autre a fait part d’un coup de sang de son complice après une dispute avec la victime dans l’appartement de cette dernière, situé dans le XIe arrondissement de Paris.


L’arme ayant servi au crime n’a pas été retrouvée. Mireille Knoll a été tuée de 11 coups de couteau le 23 mars 2018 et son corps avait été partiellement carbonisé à son domicile de la rue Philippe-Auguste.

« Allah Akbar »

Par ailleurs, les suspects ont contesté le fait que le meurtre avait un lien avec la confession juive de la victime.

Si l’enquête n’a pas permis de révéler un fond antisémite chez les mis en cause, Alex Carrimbacus a néanmoins déclaré lors de ses auditions que son complice avait hurlé « Allah Akbar » et avait évoqué la condition des juifs avec la vieille femme, avant le meurtre. Il a également déclaré qui s’était renseigné sur la fortune de cette dernière avant de se rendre dans son logement, à la demande de M. Mihoub.

D’autre part, la mère de Yacine Mihoub a également été renvoyée devant les assises pour « destruction de document ou objet concernant un crime ou un délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité », indique BFMTV.

« La justice française s’est conduite comme elle devait se conduire, de façon normale et équitable, à l’égard de tous », a réagi Me Gilles-William Goldnadel, l’avocat de la famille Knoll, auprès du quotidien. L’un des avocats de Yacine Mihoub a pour sa part critiqué la décision de la justice. « Les juges n’ont pas su résister à la pression de l’opinion publique », a-t-il déclaré.