Michel Fourniret : Une dizaine de nouvelles traces ADN retrouvées sur un matelas appartenant au tueur en série


Michel Fourniret lors d'une reconstitution dans l'affaire Joanna Parrish, le 25 septembre 2018 à Moneteau dans l'Yonne. (photo Jérémie Fulleringer/PHOTOPQR/L'YONNE REPUBLICAINE/MAXPPP)

Pas moins d’une dizaine de traces ADN non identifiées ont été prélevées sur un matelas saisi en 2003 dans l’une des maisons où Michel Fourniret a vécu. Les enquêteurs vont retravailler sur une trentaine de dossiers.

De nouvelles techniques scientifiques ont permis d’obtenir ces résultats qui pourraient se révéler déterminants dans une trentaine de « cold cases ». Le Parisien révèle en effet qu’une dizaine d’ADN inconnus ont été relevés sur un matelas du tueur en série Michel Fourniret qui se trouvait dans la maison de sa défunte sœur, à Ville-sur-Lumes (Ardennes). Il avait été saisi en 2003. C’est sur ce même matelas que l’ADN de la petite Estelle Mouzin a été retrouvé fin août.

L’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) centralise l’ensemble de ces nouvelles traces qui vont maintenant être comparées à celles de victimes dont le dossier n’a jamais été élucidé. C’est ainsi qu’une trentaine d’affaires ont été sélectionnées, dans lesquelles « l’Ogre des Ardennes » pourrait être impliqué.

Une « période blanche » dans les années 90

Le tueur en série est soupçonné d’avoir fait de nombreuses autres victimes. Dans un document de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) datant de 2005, les policiers listait déjà 70 « victimes potentielles » de Michel Fourniret, explique le quotidien.

Les enquêteurs n’ont que peu d’éléments sur la vie du tueur entre 1991 et 1999. Des traces ADN partiels de Lydie Logé ont été récemment retrouvées dans sa camionnette. La jeune femme avait disparu alors qu’elle avait 29 ans, dans l’Orne, en 1993. Il pourrait être prochainement mis en examen dans cette affaire.


« Au moins celle-là, on ne la retrouvera jamais »

D’autre part, les déclarations de Françoise B., une codétenue de Monique Olivier à Reims, l’ex-femme de Michel Fourniret, ont de quoi inquiéter. Elle avait été interrogée par la police judiciaire en 2018, expliquant que Monique Olivier lui avait raconté que le nombre d’enfants enlevés par son mari « dépassait largement la trentaine ».

L’ex-femme de l’Ogre des Ardennes a déclaré en janvier dernier lors de ses auditions que ce dernier était rentré au domicile à plusieurs reprises durant cette « période blanche » des années 90, en disant : « Au moins celle-là, on ne la retrouvera jamais ».

Michel Fourniret a été condamné en 2008 pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, à la perpétuité incompressible, avant d’être à nouveau condamné en 2018 pour un assassinat crapuleux. L’homme est également mis en examen pour les disparitions et la mort de Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish, qu’il a avoué devant la juge Sabine Khéris. Il a aussi été mis en examen dans l’affaire de la disparition d’Estelle Mouzin, en novembre dernier, pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ».