Militaires tués au Burkina : Jean-Yves Le Drian évoque les «risques majeurs» pris par les ex-otages


Jean-Yves Le Drian le18 octobre 2016 à l'école polytechnique. (photo école polytechnique / flickr)

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est revenu sur l’opération au Burkina qui a permis de libérer les quatre otages dont font partie deux Français.


« C’est un bel exploit, qui malheureusement a fait deux morts au combat, pour lesquels la France doit s’incliner », a déclaré ce samedi matin Jean-Yves Le Drian au micro d’Europe 1. « C’est un moment de tristesse, de souffrance », a-t-il ajouté.

Les deux otages français avaient été enlevés le 1er mai dernier alors qu’ils se trouvaient en vacances au Bénin. Leur guide avait été tué lors de leur enlèvement.

« La zone où étaient nos compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge »

Le ministre des Affaires étrangères est revenu sur les risques que les deux Français ont pris en se rendant au Bénin. « La zone où étaient nos compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c’est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs en allant », a expliqué le ministre.

« Je pense qu’il faut que tous ceux qui veulent faire du tourisme dans ces pays s’informent auparavant de ce qu’on appelle les ‘conseils aux voyageurs’, qui sont mis en place et entretenus régulièrement par le Quai d’Orsay et qui indiquent les zones sûres, les zones à petit risque et les zones à gros risque », a poursuivi Jean-Yves Le Drian.

« Le message que je peux délivrer comme ministre des Affaires étrangères est que la plus grande précaution doit être prise dans ces régions pour éviter que de tels enlèvements n’aient lieu, et pour éviter des sacrifices de nos soldats », a-t-il insisté.

« Je connaissais particulièrement Cédric de Pierrepont »

Le ministre des Affaires étrangères est aussi revenu sur la mort des deux militaires français, les maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, alors qu’il connaissait l’un d’entre eux : « J’avais eu l’occasion de les croiser quand j’étais ministre de la Défense. Je connaissais particulièrement Cédric de Pierrepont, et je voudrais dire tout le respect que nous inspire leur courage et leur abnégation ».

« Ils n’ont pas lâché, ils ont eu des informations suffisamment tôt, ils ont pu suivre les mouvements des ravisseurs qui ont été importants puisqu’entre le nord du Bénin, le parc de Pendjari, où étaient retenus nos compatriotes, jusqu’au nord du Burkina Faso, il y a eu un itinéraire et ils ne les ont pas lâchés », a détaillé le ministre.