🇫🇷 Mobilisation des «gilets jaunes» le 17 novembre : des prévisions et des renoncements.

par Y.C.
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Alors que la journée du 17 novembre approche à grands pas, la mobilisation des « gilets jaunes » est au centre des discussions. Le gouvernement prend la journée d’action très au sérieux et n’a pas hésité à mettre en garde, tandis que l’organisation des blocages se poursuit, exceptés pour certains qui ont préféré jeter l’éponge.

Déclarer ou pas la manifestation de samedi ? C’est la question que se pose beaucoup d’organisateurs, dont une majorité ont lancé leur initiative par l’intermédiaire d’une page ou d’un groupe Facebook. Certains ont finalement décidé de retirer leur déclaration de manifestation à leur nom, qu’ils avaient déposée en préfecture. C’est le cas notamment à Tarbes (Hautes-Pyrénées).

« Nous avons procédé à notre retrait d’engagement auprès de la préfecture ainsi que des services de police. Nous comprenons parfaitement vos réactions. Voila pourquoi nous nous dégageons de toutes responsabilité », a écrit l’une des organisatrices de cette mobilisation sur Facebook, qui évoque « des pressions de toutes parts ». « Donc le 17 chacun fait ce qui lui plaît » avait-elle écrit, 24 heures plus tôt en annonçant son souhait de se retirer.

Les organisateurs ont été insultés par des internautes, leur conseillant de ne pas bloquer les stations service ainsi que les centres commerciaux raconte 20 minutes. Par ailleurs et comme l’a rappelé le gouvernement, la responsabilité de l’organisateur est engagée si la manifestation qu’il a déclaré à la préfecture vient à dégénérer. Une contrainte qui en a fait réfléchir plus d’un.

Même chose à Vitré (Ille-et-Vilaine) où une vingtaine de personnes ont réalisé des repérages à des barrières autoroutières la semaine passée. Les mises en garde de Christophe Castaner les ont refroidies. « Quand il dit qu’il n’acceptera aucun blocage, ça veut dire verbalisations, retraits de permis de conduire… » a déclaré Marcel Lacour, l’organisateur de cette mobilisation, cité par Europe 1. « On n’avait presque plus personne. Alors quand j’ai vu ça, j’ai dit : ‘On arrête’. À 70 ans, je ne vais pas m’amuser à faire ça avec une ou deux personnes », a-t-il ajouté.

D’autres villes sont concernées par ces « marche arrière », notamment Dinan, Saint-Malo ou Châteaubriant. Les pages Facebook où ces événements étaient organisés, ont été fermées, comme d’autres.

Le 17 novembre, le ministre de l’Intérieur n’était pas passé par quatre chemins pour avertir les manifestants. « Partout où il y aura un blocage, et donc un risque pour les interventions de sécurité et aussi la libre-circulation, nous interviendrons ». « L’entrave à la circulation, c’est sanctionné » avait également rappelé Édouard Philippe ce mercredi.

Un site regroupe toutes les manifestations et blocages prévus

Malgré des renoncements, une majorité de mobilisations restent prévues sans qu’il soit possible de savoir lesquelles seront suivies samedi.

Le site blocage17novembre.com regroupe d’ailleurs toutes les manifestations et blocages organisés samedi, par département. 800 rassemblements sont prévus partout en France selon les dernières données collectées par le site.

Le périphérique parisien pourrait être bloqué

Une vingtaine de blocages seraient prévus en Ile-de-France. Le périphérique pourrait être impacté. Selon ce même site internet, un rendez-vous est fixé à 6 heures au bois de Boulogne (XVIe). À 7 heures, les manifestants ont prévu de pénétrer sur le périphérique porte Maillot (XVIIe) et de prendre la direction de l’Élysée « à pied ou en voiture ».

Les autorités restent dans le flou quant à la mobilisation qu’elles vont rencontrer. « C’est un mouvement très diffus sans que nous ayons en face de nous des organisateurs institutionnels bien connus » a déclaré le préfet de police Michel Delpuech ce jeudi après-midi alors qu’il était interrogé au Conseil de Paris.

« L’idée d’abord sera de détecter ce qui se passe, de surveiller les axes structurants en Ile-de-France, couverts par de nombreuses patrouilles motocyclistes avec le concours d’hélicoptères de la gendarmerie. » a détaillé le préfet cité par Le Parisien.

30 unités de forces mobiles en renfort

« La consigne en second lieu sera de mettre fin au blocage des axes structurants ou des points stratégiques (comme l’accès à un grand centre hospitalier). Ce type de blocage ne sera pas toléré » a-t-il ajouté, indiquant qu’un « dispositif spécifique de traitement judiciaire en temps réel pour les personnes interpellées et les PV dressés » sera mis en place.

« On redoute 1.500 actions [sur le territoire] pour à peine une centaine déclarées en préfecture », a déclaré une source du ministère de l’Intérieur au JDD ce jeudi. 30 unités de forces mobiles ont été mises en renfort, à disposition des préfets.