Montpellier : 2 détenus soupçonnés de gérer un réseau de prostitution depuis leur cellule


Illustration. (Adobe Stock)

Le montant des bénéfices générés par le réseau de prostitution est estimé à plus de 100 000 euros.

Deux détenus de la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault) sont soupçonnés d’être à la tête un réseau de prostitution d’ampleur nationale. Ils l’auraient géré depuis leur cellule de prison.

En début de semaine, quatre suspects dont une femme ont été interpellés par les enquêteurs du Groupe proxénétisme et recherche des fugitifs (GPRF) de la police judiciaire, rapporte Midi Libre. Le cerveau présumé de ce réseau criminel est un détenu âgé de 52 ans. Il purge actuellement une peine de quatre ans de prison pour proxénétisme.

Les policiers pense qu’il a chargé un autre détenu, âgé de 30 ans, de recruter des femmes sur des sites d’escort-girls. Ce dernier aurait également agi depuis sa cellule, alors qu’il se trouve en détention provisoire, soupçonné de viols en série.

Le chef du réseau intimidait les victimes

En échange de 50% de leurs revenus, le recruteur promettait aux victimes de leur fournir une clientèle, un hébergement et une protection. Il agissait exclusivement par téléphone depuis sa cellule.


« Le chef de réseau leur assurait qu’il garantissait leur sécurité, tout en leur disant qu’elles étaient surveillées en permanence, ce qui était faux. Il leur mettait des coups de pression si elles ne payaient pas assez. C’est quelqu’un qui peut faire très peur et qui obtient gain de cause », selon un enquêteur cité par le quotidien régional.

Un troisième homme, habitant à Valence (Drôme), s’occupait de louer les appartements sur Airbnb ou dans de petits hôtels. Les logements ainsi disponibles pour les femmes recrutées se trouvaient dans l’Hérault, près de Bordeaux, dans le Gard ou encore dans région lyonnaise.

100 000 euros de bénéfices récupérés par les proxénètes

La quatrième personne mise en cause est la compagne du chef de réseau, âgée de 45 ans. Sa mission était de récupérer la part due aux proxénètes auprès des femmes qui travaillaient pour eux. Elle avait bénéficié d’une relaxe dans la précédente affaire de proxénétisme pour laquelle son compagnon a été condamné.

Au total, les enquêteurs estiment que les suspects auraient perçu plus de 100 000 euros de bénéfices, précise 20 Minutes. Ils ont identifié une dizaine de victimes, âgées d’une vingtaine à une cinquantaine d’années.

Ce jeudi, les quatre membres de ce réseau ont été déférés devant un juge d’instruction du palais de justice de Montpellier, en vue de leur mise en examen pour « proxénétisme aggravé ».