Mort de Zineb Redouane à Marseille : le CRS mis en cause n’aura pas de sanction administrative

Illustration. (Adobe Stock)

Le CRS mis en cause dans le décès de Zineb Redouane, 80 ans, à Marseille le 1er décembre 2018 lors d’une manifestation des Gilets jaunes, ne sera pas renvoyé en conseil de discipline, sur décision du directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux.

Le policier à l’origine du tir de grenade lacrymogène qui a touché au visage Zineb Redouane lors de la manifestation des Gilets jaunes le 1er décembre 2018 à Marseille, n’ira pas en conseil de discipline et ne fera donc pas l’objet d’une sanction administrative révèle ce samedi France Inter. Le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, a choisi de ne pas suivre l’avis de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) qui préconisait, dans les conclusions de son enquête administrative, un renvoi devant le conseil de discipline. Une information judiciaire, dépaysée à Lyon, est néanmoins toujours en cours dans ce dossier.

La défunte de 80 ans, qui était au téléphone à sa fenêtre en train de fermer ses volets, avait été touchée au visage par une grenade de type MP7 avant de s’effondrer et de respirer le gaz lacrymogène dans son appartement. Elle est décédée à l’hôpital le lendemain, juste avant d’être opérée après l’injection du produit anesthésiant. L’expertise médicale a conclu à une mort « accidentelle » et un « choc opératoire ».

Dans son rapport, l’IGPN a estimé que le CRS et son binôme, avaient bien réalisé un tir réglementaire sans viser délibérément la victime mais avaient manqué à « l’obligation de discernement par une action manifestement inadaptée ». Le lance-grenades des forces de l’ordre a une portée de 100 mètres, tandis que l’immeuble de Zineb Redouane se situait à une trentaine de mètres.

Des « conditions d’exercice extrêmes dans un cadre limite insurrectionnel »

Le DGPN, en désaccord avec la directrice de l’IGPN, Brigitte Jullien, a jugé qu’aucun élément dans le dossier ne démontre une faute grave, et qu’à l’inverse, « le rapport décrit bien les conditions d’exercice extrêmes dans un cadre limite insurrectionnel qui ne pouvait au milieu des fumées, en pleine nuit, qu’altérer le discernement des CRS » détaille France Inter. Les enquêteurs de l’IGPN n’ont pas estimé que le policier à l’origine du tir avait visé délibérément la fenêtre de Zineb Redouane. Les deux fonctionnaires, « très bien notés », vont toutefois devoir suivre un stage de formation continue. Le dossier administratif a été transmis aux juges en charge du volet judiciaire de cette affaire.

Un rapport d’expertise indépendant publié à la fin 2020 avait conclu que le policier avait volontairement effectué un tir tendu sur Zineb Redouane.