Mulhouse : Il va travailler après son test Covid-19, son employeur le licencie pour «faute grave»


Illustration. (shutterstock)

Un homme a été licencié à Mulhouse (Haut-Rhin) après avoir fait un test de dépistage du Covid-19 qui s’est révélé positif. Ce dernier était retourné travailler avant d’obtenir le résultat.

Son employeur l’a licencié pour « faute grave ». Sébastien Klem est revenu de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) avec sa fille de 4 ans le 14 juillet, et a repris son travail à l’office HLM de Mulhouse raconte le quotidien Les Dernières nouvelles d’Alsace. L’employé a expliqué qu’il n’avait alors qu’une petite toux, sans présenter d’autres symptômes.

48 heures plus tard, il est passé devant un drive de dépistage du coronavirus, par hasard selon son récit. Il n’y avait pas d’attente et il a décidé de faire le test, avant de retourner à son travail. Le soir même, Sébastien Klem a appris qu’il était positif au Covid-19. Il a alors alerté son employeur. L’étage où il travaillait a été fermé et ses collègues ont réalisé un test à leur tour. Sébastien a quant à lui été placé en quarantaine.

La situation a pris une autre ampleur à la mi-août, lorsque ce salarié a reçu un courrier recommandé afin de lui signifier qu’il était convoqué pour un entretien, en vue de son licenciement pour faute grave. Sa direction lui a reproché d’être allé au travail après le test de dépistage, considérant qu’on ne se fait pas dépister « si on a pas de suspicion ».

« La réaction de ses collègues a été violente »

Le directeur général de l’office HLM, Éric Peter, a accusé son salarié d’être « venu travailler avec des symptômes ». « Il en a parlé à ses collègues. Il avait de la toux, de la fièvre, le nez qui coule, les yeux rouges », a-t-il ajouté. « La réaction de ses collègues a été violente » car « ils ne comprennent pas qu’il soit venu travailler dans ces conditions ».


« On peut être inconscient mais là c’est de l’irresponsabilité. On ne joue pas avec la vie des gens », a insisté Éric Peter. Sébastien Klem a de son côté décidé de porter l’affaire devant les prud’hommes. Une convocation de conciliation a été planifiée le 3 novembre prochain.