🇫🇷 #Nice La parution de Paris Match comportant des photos de l’attentat du 14 juillet ne sera pas retirée.

L'édition de Paris Match cette semaine comporte des images de l'attentat, jugées "insoutenables" par les familles des victimes notamment.

Le parquet de Paris a demandé en urgence le retrait de Paris Match qui publie des captures d’écran de la vidéo surveillance de la ville de Nice le jour de l’attentat du 14 juillet 2016. Finalement, Paris Match, ne sera pas retiré des kiosques, mais toute nouvelle publication des photos a été interdite explique Le Figaro.

La parution de Paris Match fait polémique cette semaine. Dans ce numéro, en kiosque ce jeudi 13 juillet, l’hebdomadaire publie sur une double page des images de l’attentat de Nice le 14 juillet 2016. Ces photos sont des captures d’écran issues de la vidéo surveillance de la ville de Nice et sont versées dans l’enquête judiciaire.

Ce jeudi matin, le parquet de Paris a demandé en urgence au tribunal de grande instance (TGI) d’ordonner le retrait de Paris Match et «l’interdiction de sa diffusion sous tous formats, notamment numérique». Et ce, avec astreinte de 50.000 euros par jour de retard pour le journal papier et 50.000 euros par heure de retard pour les supports numériques.

Lors de l’audience, conduite à partir de 14 heures par le président du TGI de Paris Jean-Michel Hayat, le procureur Olivier Christen a dénoncé la «logique mercantile» de l’hebdomadaire, rapporte l’AFP: «Il n’y a pas là d’information, il y a du commerce.» Il n’y a «aucun doute sur le fait que les victimes soient identifiables», a soutenu le procureur. Selon lui, il est «inédit» que des images de «l’attentat lui-même», «des victimes en train d’être tuées lors d’un acte de terrorisme» soient diffusées.

Des arguments que l’avocate de Paris Match, Me Marie-Christine de Percin, a réfuté en bloc. Ce ne sont pas des photos «dégradantes», «humiliantes», «on voit des silhouettes, on ne montre que ce qui est nécessaire», a-t-elle argumenté, selon des propos rapportés par l’AFP. «Ca ne nous rapporte pas d’argent», a-t-elle plaidé, rappelant que c’est une «tradition», au nom du «devoir de mémoire», que l’hebdomadaire revienne un an après sur de grands événements «qui ont marqué l’opinion».

La justice devait dire à 18 heures ce jeudi si elle ordonnait ou non le retrait de la publication. Peu après 19 heures, l’information est tombée: pas de retrait de Paris Match, mais toute nouvelle publication des photos est interdite.

«Créer une atmosphère morbide»

Dès mercredi, les associations de victimes FENVAC et l’Association Promenade des Anges avaient publié un communiqué – via leur avocat Maître Eric Morain – dénonçant des captures d’écran qui «portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches». «Les victimes de Nice n’avaient pas besoin de ça. Vraiment pas», écrit également l’avocat, à la veille des commémorations de l’attentat auxquels assistera le président de la République Emmanuel Macron.

De son côté, le maire de Nice- Christian Estrosi – avait écrit au ministre de la Justice «afin qu’il se saisisse de cette parution». Il a également dénoncé des images «insoutenables et abjectes». Plusieurs kiosquiers niçois ont d’ailleurs décidé de boycotter le titre, rapporte Nice Matin.

«La tristesse d’une ville et de ses victimes ne se monnaie pas! Pas de Paris Match cette semaine. Merci de votre compréhension», a par exemple affiché Alex Routier sur ses cinq points de vente de la région. Son appel aurait été suivi par une trentaine de kiosquiers, selon le quotidien local.

Paris Match défend le droit à l’information

Face à la polémique, le directeur de la rédaction de Paris Match – Olivier Royant – avait réagi dès mercredi dans la soirée. «Paris Match entend défendre becs et ongles le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s’est passé exactement lors de l’attentat commis à Nice le 14 juillet 2016», explique-t-il notamment.

Concernant les photos qui font polémique, il poursuit: «Il s’agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité. Elles sont publiées dans un souci de compréhension des événements».

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