Nice : Un jeune homme à moto se tue en fuyant la police, le parquet ouvre une information judiciaire


Illustration. (photo NCY/PhotoPQR/Maxppp)

En janvier dernier, un jeune homme de 20 ans à moto avait tenté de fuir la police à Nice (Alpes-Maritimes) et s’était lancé dans une course-poursuite avant de perdre le contrôle de son deux-roues. Il s’était tué dans sa chute. Le procureur de la République a décidé l’ouverture d’une information judiciaire suite à l’enquête de l’IGPN.

Une information judiciaire pour homicide et blessure involontaires a été ouverte ce vendredi après le décès d’un jeune homme de 20 ans à Nice, au cours d’une course-poursuite avec les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) a annoncé le parquet.

« Après avoir reçu les observations des parties au dossier suite à l’enquête initiale menée par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), j’ai estimé devoir ouvrir une information judiciaire pour que les investigations se poursuivent dans ce cadre juridique sous l’autorité d’un magistrat instructeur », a détaillé le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, cité par Le Figaro.

Le 10 janvier dernier vers 22 heures, durant le confinement, Maïcol, un jeune homme âgé de 20 ans qui circulait à moto avait refusé de s’arrêter à la demande des forces de l’ordre. Avec son passager, il avait pris la fuite avant de perdre le contrôle de son deux-roues dans le tunnel André-Liautaud et se tuer dans sa chute. Son ami avait été blessé. Maïcol conduisait sans permis et la moto n’était pas assurée avait précisé franceinfo au moment du drame.

Selon l’avocat de la famille du défunt, Me Nabil Boudi, l’enquête menée par l’IGPN a permis d’établir « un comportement fautif des policiers », ajoutant que la voiture des fonctionnaires n’avait « pas été au contact » de la moto des deux fuyards.

Dans une note datée du 20 août 2020, la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) avait écarté toute course-poursuite pour un simple refus d’obtempérer. Une décision justifiée par la direction devant les risques qu’elle peut entraîner. Pour Me Nabil Boudi, « rien ne justifiait l’engagement d’une course-poursuite dangereuse et disproportionnée ».

Les policiers ont agi de manière réglementaire selon la DDSP

Néanmoins, la directrice départementale de la sécurité publique des Alpes-Maritimes, Nadine Le Calonnec, a apporté son soutien aux policiers impliqués dans cette affaire. « Certains s’autorisent à commenter une note administrative de la direction départementale de la sécurité publique, disant que les fonctionnaires de la brigade anti-criminalité n’auraient pas respecté ses prescriptions. Je dis que les prescriptions de cette note ont été totalement respectées par les fonctionnaires de la BAC », a-t-elle appuyé à France Bleu, le mois dernier. « La poursuite a été annoncée » par les policiers a affirmé Nadine Le Calonnec « et ni le centre de commandement ni l’autorité ne l’a interrompue ».

« C’était une période où le quartier des Moulins avaient été ébranlés par des faits graves, avec usage d’armes à feu et des blessés, donc il y avait un contexte », a aussi rappelé la DDSP, soulignant que les deux fuyards « pouvaient correspondre au signalement des auteurs des coups de feu » survenus cinq jours plus tôt.