Paris : 28 ans de prison pour avoir tiré sur 2 policiers venus l’interpeller pour apologie du terrorisme


Illustration. (Shutterstock)

L’accusé, un jeune homme de 25 ans, avait ouvert le feu sur des policiers en 2017. Les fonctionnaires étaient venus l’interpeller pour apologie du terrorisme.


Ce jeudi, la cour d’assises spéciale de Paris a condamné Jérôme Lebeau, un jeune homme originaire de La Réunion, à 28 ans de réclusion criminelle pour avoir tiré sur des policiers venus l’interpeller en 2017. Sa peine a été assortie d’une période de sûreté des deux tiers et il est désormais inscrit au Fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait).

La mère de l’accusé âgée de 59 ans, Marie-Annick Lebeau, avait financé l’achat des armes de son fils. Elle a écopé de cinq ans d’emprisonnement dont un an de sursis avec mise à l’épreuve. Sa peine a été assortie d’un mandat de dépôt. Elle doit aussi faire l’objet d’une inscription au Fijait et se soumettre à un suivi psycho-social, relate Le Parisien.

« Relation fusionnelle » et « engagement radical »

À l’audience, le ministère public a fait état de leur « relation fusionnelle » qui avait favorisé « les conditions de passage à l’acte » du jeune homme. La mère était convertie à l’islam tout comme son fils, et n’avait qu’une faible connaissance de cette religion. Toutefois, « elle partageait son engagement radical ».

Des tirs et deux policiers blessés

Ce jour du 27 avril 2017 à 6 heures du matin, des policiers étaient venus interpeller dans son appartement Jérôme Lebeau, à la suite d’une procédure initiée par la plateforme de signalements sur internet Pharos pour « apologie du terrorisme ».


L’accusé, qui vivait avec sa mère à Saint-Benoît de La Réunion, avait ouvert le feu sur les policiers. Ces deux fonctionnaires avaient été blessés malgré leurs boucliers lourds. Ils se sont constitués parties civiles. L’assaillant avait été blessé par balle et interpellé.

Des armes et des munitions saisies

Lors de la perquisition, les enquêteurs avaient découvert plusieurs armes, 400 cartouches et un couteau de chasse. Jérôme Lebeau avait affirmé qu’il s’agissait d’un « délire survivaliste », rapporte le quotidien francilien.

Pour justifier ses tirs, le jeune homme avait assuré ne pas avoir entendu les fonctionnaires crier « Police ! ». Durant le procès, la défense a dépeint un jeune introverti étouffé par sa mère et jamais reconnu par son père, qui passait 14 heures par jour sur son ordinateur et qui avait adhéré à une « secte extrémiste » en croyant donner un sens à sa vie.