Paris : Il tire sur un homme dans une mosquée et affirme qu’il voulait protéger son père

Illustration. (Adobe Stock)

Un homme a été grièvement blessé par balles dans une mosquée du XIXe arrondissement de Paris, le 8 mars 2020. Le tireur présumé, Saïd, âgé de 38 ans, déjà connu de la justice, se trouve actuellement en détention provisoire. Il pourrait être jugé par la cour d’assises pour tentative de meurtre. Lors des constatations sur place, les enquêteurs ont découvert pas moins de huit étuis de calibre 9 mm.

Un obscur différend entre fidèles est au cœur de cette histoire sanglante. Saïd, 38 ans, s’est vu refuser, vendredi sa demande de remise en liberté par la chambre de l’instruction de Paris. Il est soupçonné d’avoir blessé par balle un homme de 34 ans, le 8 mars 2020 à Paris, dans la mosquée de la rue de Tanger (XIXe). Aujourd’hui l’enquête est terminée. L’affaire est en passe d’être jugée par la cour d’assises pour tentative de meurtre. Mais l’avocat de la défense du tireur a fait appel et souhaiterait que son client soit jugé par le tribunal correctionnel pour des faits de violence volontaire avec arme. « Deux ans après, on ne sait toujours pas quel est le véritable motif de cette querelle, souligne l’avocat général. Cet homme est violent comme le montrent ses antécédents judiciaires, au point de tirer sur un homme dans un lieu de culte ».

Le soir des faits, vers 19h50, une quinzaine de personnes fréquentent le lieu de prières. Un homme qui porte un casque fait irruption dans la cour. Il poursuit la victime avant d’ouvrir le feu sur elle à plusieurs reprises. Le bruit des détonations alerte les fidèles qui retrouvent cet homme, gisant dans son sang, dans les toilettes des femmes. Le blessé souffre de quatre blessures au niveau des jambes. Son tibia et son fémur droit sont brisés ainsi que sa cheville gauche. Il est transporté à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (XVe) en état d’urgence absolue. Ses jours ne sont pas en danger, mais les urgences médico-légales lui accordent 70 jours d’incapacité totale de travail (ITT). L’avocate de la partie civile révèle que son client est handicapé à 75%. Elle rapporte que cet homme a reçu des pressions indirectes et craint d’être victime de représailles.

Il fuit en Belgique et se livre finalement à la police

Les enquêteurs du deuxième district de police judiciaire (DPJ) retrouvent huit étuis de calibre 9 mm sur les lieux. Lors des auditions, la victime explique que la veille à la mosquée, il avait eu une altercation avec un autre fidèle. Ce dernier l’avait prévenu qu’il allait envoyer ses fils pour s’occuper de lui. Il confirme que le soir des faits, un homme casqué l’avait frappé avant de lui tirer dessus. Les images de vidéosurveillance montrent que les deux fils se trouvaient bien aux abords du bâtiment peu avant l’agression. Saïd est rapidement identifié comme étant le tireur. Il casse sa puce téléphonique et prend la fuite en Belgique. Son père et son frère sont interpellés quelques jours plus tard puis mis en examen avant d’être incarcérés.

Saïd se constitue prisonnier le 29 avril 2020. Cet homme a déjà été condamné à huit reprises pour des faits de violence ou liés aux stupéfiants. Né à Montreuil (Seine-Saint-Denis), il a été élevé en Algérie avant de travailler en France comme plombier puis comme transporteur d’objet d’art. L’expert psychiatre souligne qu’il ne souffre d’aucune anomalie mentale. Mais il ajoute que sa personnalité impulsive cadre bien aux faits qui lui sont reprochés.

L’homme a reconnu les faits

Dans un premier temps, il conteste les faits et explique qu’il n’était pas en fuite. Il serait simplement allé voir sa petite amie en Belgique puis aurait été bloqué à cause du confinement. Le 27 octobre devant le juge d’instruction, il passe finalement aux aveux. Le suspect relate qu’il a eu peur que la victime ne s’en prenne à son père. Mais il conteste avoir voulu la tuer arguant qu’il avait ouvert le feu pour se défendre, car le trentenaire aurait été armé d’un couteau.