🇫🇷 Paris : L’arnaque aux numéros surtaxés a rapporté 38 millions d’€ en 3 ans.

par Y.C.

Les salariés d’une entreprise de téléphonie ont été mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » pour avoir aidé à la mise en place d’une arnaque aux numéros surtaxés.

Habituellement, les entreprises qui utilisent ce type d’arnaque, celle de la mise en place de numéros surtaxés, sont installées à l’étranger. Il est donc pratiquement impossible de les poursuivre.

Pourtant, le 31 mai dernier, à Paris, quatre des cinq salariés d’une entreprise de téléphonie ont été mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et « blanchiment ».

Viva Multimédia dans le collimateur

Les enquêteurs ont ciblé une entreprise clé de ce type d’arnaque, la société Viva Multimédia qui figurait en tête des sociétés signalées au numéro vert anti-arnaque.

Dès septembre 2016, le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC).

Viva Multimédia installée dans le XIIe arrondissement de Paris a été mise sous surveillance et son responsable, Laurent B. a été régulièrement convoqué au commissariat local pour s’expliquer sur les arnaques élaborées par le truchement de numéros de téléphone qu’il mettait à disposition.

Son explication était toujours la même, il n’était ni responsable ni au courant de l’utilisation des numéros qu’il mettait à disposition de ses clients.

Salaires exorbitants

En septembre 2017, une perquisition effectuée dans les locaux de la société permettait d’établir que Laurent B. était parfaitement au courant de la destination des numéros qu’il fournissait.

Les enquêteurs vont alors pouvoir établir que les employés et leur patron percevaient des salaires exorbitants. Le responsable percevait 760 000 euros par an, la comptable 560 000 euros et deux techniciens 550 000 euros.

Seul un employé avait un salaire qui correspondait à son emploi et a été mis hors de cause.

La comptable passe aux aveux

Les quatre suspects ont été interpellés et placés en garde à vue. Seule la comptable a reconnu les faits tandis que les trois autres ont farouchement nié. Laurent B. devra s’acquitter d’une caution de 1 000 000 d’euros, et de 100 000 euros pour les employés.

Au total, sur une période de trois ans, les enquêteurs ont pu chiffrer cette arnaque à 38 millions d’euros.

Cette escroquerie a fait d’innombrables victimes. Certaines factures téléphoniques ont pu atteindre 250 euros mais en règle générale, le surcoût s’élevait entre 10 et 20 euros, relate Le Parisien.

Actu17.