Paris : Mécontent de son kiné, il engage des hommes qui tentent de tuer le praticien


Illustration. (shutterstock)

Un homme âgé de 47 ans est soupçonné d’avoir engagé plusieurs Géorgiens pour tuer son kinésithérapeute. Le suspect qui voulait se venger, estime que le praticien est responsable de lui avoir causé un handicap au dos il y a une dizaine d’années.

L’affaire est digne d’un film hollywoodien. Un kinésithérapeute est arrivé comme chaque matin en scooter à son cabinet situé dans le XVIe arrondissement de Paris, ce lundi 6 mai. Au moment où il a franchi l’avenue d’Eylau, le praticien de 65 ans a été violemment percuté par une Citroën. Le chauffeur ne s’est pas arrêté et a pris la fuite.

Le praticien n’a été que légèrement blessée et ce, grâce à son casque qu’il n’avait pas retiré. Conduit à l’hôpital, il s’est vu prescrire 4 jours d’ITT (Incapacité totale de travail) raconte Le Parisien.

Une tentative d’homicide déguisée en accident

L’enquête a été confiée au premier district de police judiciaire de la préfecture de police (1ère DPJ). Les policiers se sont vite rendu compte qu’il ne s’agissait pas d’un accident, mais d’une tentative de meurtre. La voiture en cause a d’ailleurs été retrouvée à quelques rues du lieu des faits.

10 jours d’enquête ont suffi aux policiers pour identifier des suspects. Quatre hommes et une femme ont en effet été interpellés à Paris et dans l’Oise, le 16 mai dernier. Parmi les mis en cause, un ancien patient de la victime, Sylvain F., 47 ans. Ce dernier est accusé d’avoir recruté une équipe de tueurs à gages pour éliminer son ancien kinésithérapeute, Michel H., qu’il accuse d’être le responsable de son handicap au dos après une séance il y a une dizaine d’années.


Deux hommes arrivés de Géorgie le 2 mai

Pour identifier les suspects, les enquêteurs ont consulté les vidéosurveillances qui ont révélé que Michel H. était suivi par le véhicule qui a servi à cette tentative de meurtre, la veille des faits. Les policiers sont arrivés à déterminer que les deux hommes qui se trouvaient dans la voiture, étaient deux Géorgiens arrivés par l’aéroport de Beauvais (Oise) le 2 mai dernier. Une liaison aérienne a été ouverte entre l’aéroport de Beauvais et la Géorgie, l’an passé.

Une femme rencontrée sur Tinder

Auditionné lors des investigations, Michel H. a expliqué aux policiers avoir un différend depuis plusieurs années avec l’un de ses patients, Sylvain F. Après une séance de manipulation qui s’est mal déroulée, ce dernier avait déposé plainte, avait obtenu une indemnisation de 30 000 euros mais avait aussi réclamé la radiation du praticien, en vain.

Les enquêteurs se sont aperçus, en s’intéressant à Sylvain F., qu’il était en contact avec une amie en Géorgie, rencontrée sur Tinder. C’est elle qui aurait sollicité les deux tueurs à gages.

Placé sur écoute, Sylvain F. exigeait que le travail soit terminé

Plus tard, les policiers ont découvert en plaçant Sylvain F. sur écoute, que ce dernier était mécontent après le « raté » des deux hommes qui ne sont donc pas parvenus à tuer Michel H. Sylvain F. a alors exigé qu’ils terminent le travail, ou qu’ils remboursent la somme perçue, de 2000 euros.

Par la suite, le mis en cause a proposé aux deux hommes « d’asséner des coups de masse sur les genoux et les poignets du kiné », mais ils ont refusé. Les suspects ont alors évoqué l’idée d’un « home-jacking » dans lequel la victime aurait été enlevée pour lui extorquer de l’argent.

Quatre suspects écroués

Sylvain F., l’un de ses amis et trois intermédiaires, ont été arrêtés le 16 mai. Quatre des cinq suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Les deux tueurs à gages seraient quant à eux parvenus à regagner la Géorgie.