Paris : Plus de 250 000€ de vêtements de luxe achetés frauduleusement, deux escrocs écroués


Le magasin Printemps Hausmann à Paris, en février 2020. (photo Jacky D/shutterstock)

Les enquêteurs du XVIIe arrondissement de Paris ont interpellé deux hommes faisant partie d’un réseau d’escroquerie international. Ces derniers achetaient des vêtements de luxe en utilisant des numéros de cartes bancaires volées et venaient récupérer tranquillement leurs commandes. Le préjudice est à ce stade estimé à 250 000 euros.

INFO ACTU17. Un minutieux travail d’investigation a été nécessaire pour coincer ces deux escrocs, qui ont été interpellés la main dans le sac. L’affaire a débuté lorsque les enquêteurs de l’Unité d’investigation de recherches et d’enquêtes (UIRE) du XVIIe arrondissement de la capitale, ont appris qu’une importante transaction en ligne avait été effectuée sur le site du magasin Printemps Haussmann (IXe).

Une belle commande de vêtements et d’accessoires de luxe, passée en plusieurs fois, avec des numéros de carte bancaire différents. Problème : certains numéros ont été refusés par la banque, ce qui a alerté les services de sûreté. Les policiers ont réalisé un travail de synthèse en faisant appel au Groupement des cartes bancaires. Ils ont alors constaté que des transactions similaires avaient déjà été effectuées pour un montant total atteignant 40 000 euros, là encore avec des cartes bancaires volées.

Les escrocs jetaient à chaque fois leur dévolu sur les marques Louis Vuitton, Burberry ou Cartier. Les vidéosurveillances ont permis aux enquêteurs de mettre un visage sur les deux hommes qui étaient venus récupérer les précédentes commandes frauduleuses. Ces derniers avaient donc l’intention de réitérer leur escroquerie, sans savoir que cette fois, les policiers les attendaient.

Un dispositif de surveillance a été mis en place autour du grand magasin. Les policiers de la Compagnie de sécurisation et d’intervention parisienne (CSI 75) ont prêté main forte à leurs collègues. Il était hors de question de rater les malfaiteurs alors qu’ils revenaient chercher leur butin, une nouvelle fois. Mardi, les policiers ont repéré l’un des suspects. L’homme qui était accompagné, voulait semble-t-il s’assurer qu’il n’y avait aucune présence policière.

Une filature a été mise en place et le duo ne s’est aperçu de rien. Ils ont récupéré les vêtements achetées frauduleusement en ligne, avant d’être interpellés les bras chargés une fois sortis du magasin. Les deux hommes ont été placés en garde à vue.

Des numéros de carte bancaire envoyés depuis le Maroc

La suite des investigations a permis aux policiers de déterminer que les deux hommes faisaient partie d’un vaste réseau d’escrocs. En exploitant leurs téléphones, ils ont découvert que les suspects recevaient, par l’intermédiaire de messageries chiffrées, de très nombreux numéros de cartes bancaires. Ils étaient envoyés depuis une ligne téléphonique marocaine.

Les enquêteurs ont aussi trouvé des images de relevés de comptes regroupant les escroqueries finalisées détaille une source proche du dossier. Un système bien huilé avec des sommes souvent très importantes. Les deux hommes avaient également pris en photo des liasses de billets. De l’argent sans aucun doute obtenu par la revente de ces vêtements achetés frauduleusement.

De nombreuses victimes ont été identifiées et d’autres suspects sont recherchés. Le réseau d’escroquerie agit au niveau international.

Les suspects sont déjà connus de la police

Les deux interpellés ont déclaré être des sans domicile fixe. Le premier, originaire du Maroc et affirmant avoir 27 ans, a reconnu les faits en minimisant son rôle, tout en expliquant qu’il avait débuté cette activité d’escroc en octobre dernier et qu’elle lui aurait rapporté environ 40 000 euros. Il est déjà connu de la police pour des faits de violences volontaires, entre autres. Le second mis en cause a quant à lui déclaré avoir 22 ans. Déjà bien connu des services de police notamment pour trafic de stupéfiants et cambriolage, il a nié les faits en intégralité.

Déférés ce jeudi au tribunal de Paris, les deux suspects ont été placés en détention provisoire le temps que l’enquête se poursuive. Une information judiciaire a été ouverte. A ce stade, le préjudice est estimé à au moins 250 000 euros.