Paris : Un juge du tribunal judiciaire mis en examen pour proxénétisme


Illustration © Actu17

Un vice-président du tribunal de grande instance de Paris est accusé d’avoir bénéficié des revenus d’une prostituée, avec qui il a vécu et a eu un enfant. Ce dernier a également déposé plainte de son côté.


Un juge est dans le collimateur de ses pairs. Âgé de 58 ans, ce vice-président du tribunal de grande instance de Paris affecté à la deuxième chambre, a été mis en examen pour proxénétisme le 6 janvier dernier, par un juge d’instruction de Nanterre (Hauts-de-Seine) rapporte Le Parisien. Il a été placé sous contrôle judiciaire. L’enquête avait été ouverte en mai dernier et menée par les enquêteurs de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH).

La justice lui reproche d’avoir bénéficié des revenus d’une jeune prostituée qui aura 23 ans en mars prochain. La plaignante et le mis en cause ont vécu ensemble, dans l’appartement parisien du magistrat, et partageaient leurs revenus mutuels, s’offrant par la même occasion des cadeaux. Néanmoins, le code pénal stipule que le fait « d’aider, d’assister ou de protéger la prostitution d’autrui ou de tirer profit de la prostitution d’autrui et d’en partager les produits », constitue un délit pénal.

« Il a tout fait pour qu’elle arrête de se prostituer »

La relation entre le juge et cette femme a pris fin il y a un an. Le 13 janvier 2020, la plaignante s’est présentée à la police pour dénoncer son ex-compagnon. Elle a alors déposé plainte auprès de la brigade de répression du proxénétisme à Paris. La procédure avait alors été transmise au parquet de Nanterre pour éviter tout conflit d’intérêts.

« Mon client est tombé amoureux de cette femme en 2017. Elle est venue habiter chez lui, ils ont eu un enfant ensemble. Il a tout fait pour qu’elle arrête de se prostituer », explique l’avocat du mis en cause, Me Combles de Nayves, à nos confrères. Selon ce dernier, le juge aurait également financer l’achat d’une maison pour sa compagne dans son pays d’origine, le Gabon, après avoir vendu des biens immobiliers. Il lui aurait versé « plus de 200 000 euros » au cours de leur relation précise-t-il.


Le juge aurait découvert un an plus tard que sa compagne continuait à se prostituer, décidant alors de mettre un terme à leur relation. A la fin de l’année 2019, il lui aurait demandé de quitter son appartement.

Une plainte déposée par le mis en cause

En outre, cinq jours après son dépôt de plainte, la jeune femme aurait pénétré chez son ex-compagnon sans y avoir été invitée. L’homme a déposé plainte pour ces faits supposés et son ex-compagne est convoquée devant le tribunal judiciaire concernant cette affaire.

A ce stade, le juge n’a pas été suspendu de ses fonctions, mais la direction des services judiciaires a été saisie pour déterminer si des sanctions disciplinaires devaient être prises.