Paris : Un magistrat dépose plainte contre le journaliste Gaspard Glanz pour des violences physiques


Illustration. (JPstock / Shutterstock)

Gaspard Glanz est visé par une plainte d’un magistrat pour des faits de violences volontaires. Des faits présumés qui se sont déroulés ce lundi à Paris.

Un magistrat du parquet de Paris accuse le journaliste indépendant Gaspard Glanz, fondateur du site Taranis News, de l’avoir frappé rapporte Le Point. L’homme de 32 ans fait l’objet d’une plainte de la part du magistrat.

Le plaignant a expliqué que l’agression a eu lieu ce lundi matin à l’entrée du tribunal de Paris situé aux Batignolles dans le 17ème arrondissement de la capitale, lors de la manifestation des avocats en grève contre la réforme des retraites.

Selon les premiers éléments donnés par l’hebdomadaire qui sont basés sur les auditions des protagonistes et celle d’un témoin, le magistrat a d’abord tenté de pénétrer dans le tribunal pour accéder à son bureau mais a été empêché de passer par le blocus des avocats.

Une altercation et un coup de tête du journaliste

Le plaignant aurait alors déclaré aux manifestants que l’empêcher d’accéder à son bureau et donc à son travail n’était pas censé faire partie de leurs objectifs. Un homme muni d’une caméra est alors arrivé dans le dos du magistrat et ce dernier a mis la main sur son objectif, refusant d’être filmé.


Une altercation a alors débuté et le magistrat a refusé de retirer sa main. C’est à ce moment-là que Gaspard Glanz, qui ne s’était pas présenté, aurait assené un coup de tête au magistrat. Touché au niveau du nez, le plaignant s’est rendu aux urgences médico-judiciaires (UMJ) où il s’est vu attribuer une Incapacité totale de travail (ITT) de moins de 8 jours.

Le mis en cause a gardé le silence

Le journaliste a été interpellé par la police peu après et conduit au commissariat où il a été auditionné. Il a souhaité garder le silence, confirmant uniquement sa présence au moment des faits. Le trentenaire a également précisé qu’il savait que des magistrats se trouvaient devant le tribunal de Paris ce lundi matin. M. Glanz a aussi déclaré qu’il était d’accord pour mettre ses vidéos filmées au moment des faits, à la disposition des policiers, toujours selon l’hebdomadaire.

Compte tenu du fait qu’un parquetier est partie prenante dans cette affaire, le procureur de la République a demandé le dépaysement de l’enquête.

Un doigt d’honneur à un policier en avril dernier

Le fondateur du site Taranis News n’est pas inconnu de la justice. Le 20 avril 2019, il avait été interpellé pour avoir fait un doigt d’honneur à un policier, lors de l’Acte 23 des Gilets jaunes.

Gaspard Glanz avait alors été placé en garde à vue pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » et « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

La justice l’avait condamné à trente jours amende à dix euros, soit 300 euros. Cette interpellation avait fait couler de l’encre et médiatisé le journaliste indépendant. Certains syndicats de journalistes avaient évoqué une atteinte à la liberté d’informer.

Le journaliste a déjà eu affaire à la justice

Gaspard Glanz a fondé « Rennes TV » en 2012, qui s’est plus tard transformée en la société de production « Taranis News ». L’homme est régulièrement contesté pour son approche militante mais aussi soutenu par ceux qui mettent en valeur son travail sur le terrain.

Le journaliste indépendant avait aussi été interpellé en juin 2016 pour « attroupement en vue de commettre un délit », lors d’une manifestation à Paris contre la loi travail de Myriam El Khomri.


Il a également été arrêté en octobre 2016 dans « la jungle » de Calais et poursuivi par la justice pour le vol d’une radio police appartenant aux CRS, qu’il avait « ramassée » par terre. La justice l’avait condamné à une amende « symbolique », selon son avocat cité par Le Monde. Une vidéo montrant la radio allumée avait été diffusée sur le compte Youtube de Taranis News.

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

#CALAIS Prise de guerre.

Une publication partagée par Gaspard GLANZ 🔥 TARANIS.NEWS (@taranisnews) le

Il avait découvert être fiché « S »

Par ailleurs, le journaliste indépendant avait été poursuivi pour injures publiques sur douze fonctionnaires de police de Rennes. Gaspard Glanz avait diffusé une photo de ces derniers sur les réseaux sociaux avec un slogan nazi : « Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer » (« Un peuple, un empire, un chef », ndlr).

Peu après, Gaspard Glanz avait écopé d’un placement sous contrôle judiciaire, l’obligeant à pointer une fois par semaine au commissariat de Strasbourg. L’homme a plus tard découvert qu’il était « fiché S » car « susceptible de se livrer à des actions violentes ». Il a alors fait un recours au Conseil d’État afin que cette fiche lui soit retirée, mais a essuyé un refus.