🇫🇷 Paris : Une augmentation alarmante de 20% des plaintes pour agressions sexuelles.

par Y.C.
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« Suralcoolisation » et « soumission chimique » des femmes sont à l’origine de nombreuses agressions, évoque le Procureur de la République de Paris.

Selon les statistiques tenues par les services de police, le nombre de plaintes pour viols et agressions sexuelles a bondi de 20% sur les cinq premiers mois de l’année 2018.

Un nouveau dossier par jour

Le commissaire Christophe Pinot, patron du 2e district de police judiciaire de Paris (DPJ), rapporte que son service a été saisi d’une nouvelle plainte chaque jour entre le 1er et le 12 juillet.

Alcool et drogue

François Molins, Procureur de la République de Paris s’inquiète : « Lorsque je lis les synthèses de police, le matin, je suis toujours effaré de voir le nombre de viols et d’agressions sexuelles qui, souvent, renvoient à un phénomène de suralcoolisation ou de soumission chimique des victimes ».

2% des affaires de viols voient leur auteur condamné en Assises

De très nombreuses plaintes sont classées. Pour les affaires de viols, seules 2% d’entre elles consuisent à la condamnation de leurs auteurs en Cour d’Assises. Selon le Dr Muriel Salmona, médecin psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, 70% des plaintes finissent à la poubelle et 15% sont correctionnalisées (les infractions sont requalifiées en délits et non en crimes, par exemple un « viol » devient une « agression sexuelle », ndlr).

La vague #BalanceTonPorc responsable ?

Le journal L’Express évoque le témoignage d’un policier sous couvert d’anonymat : « Dans les affaires de viol, on ne parle plus de plaignante, mais de victime, comme si l’enquête était déjà bouclée ». Le fonctionnaire dénonce la vague « Balance Ton Porc » qui encourage la dénonciation, parfois anonyme.

Un second policier anonyme, cité par le même journal dénonce « la sacralisation de la parole des femmes, même quand elles étaient ivres mortes au moment des faits » et la pression des associations qui les défendent : « Elles essaient de peser sur le cours de l’enquête pour qu’elle aille dans le sens de leurs protégées. Et gare au fonctionnaire qui résiste : c’est forcément un gros lourdaud misogyne ! ».

Un autre policier affirme : « ce sont les magistrats, des femmes souvent, qui prennent la décision de classer une plainte sans suite parce que les faits ne leur semblent pas assez caractérisés ».

L’accueil des plaignantes amélioré mais pas encore parfait

Selon plusieurs responsables policiers, leur Administration a largement amélioré l’accueil des plaignantes se disant victimes d’agression sexuelle ou de viol. Notamment avec des consignes communiquées aux policiers préposés au recueil des plaintes, mais aussi à la présence de psychologues dédiés à la préparation des plaignantes pour l’étape de « confrontation » avec leur agresseur présumé.

Actu17.