Pas-de-Calais : Ils avaient caché le corps de leur ami dans les dunes après sa mort par overdose


Les dunes à Berck dans le Pas-de-Calais. (Wikimedia)

L’homme qui avait fourni sa dernière dose au toxicomane avait fait appel à un ami pour l’aider à cacher le corps.

Les deux hommes ont été jugés ce mardi pour « recel de cadavre, atteinte à l’intégrité d’un corps » et « homicide involontaire ». Le 4 mars 2014, Jonathan Loth est mort à l’âge de 27 ans. Il a succombé à une overdose chez une connaissance, Hakim Boutayeb, qui venait de lui vendre sa dernière dose d’héroïne.

Le toxicomane, qui avait consommé de puissants anxiolytiques et de l’alcool, avait poussé son dernier souffle sur le canapé de son compagnon d’infortune et revendeur, à Berck (Pas-de-Calais), rapporte La Voix du Nord.

Ils enterrent le cadavre dans les dunes

Encombré par le corps inanimé de Jonathan, Hakim Boutayeb avait quitté son domicile avant de revenir le lendemain avec un copain. À la barre du tribunal, Boutayeb a affirmé : « C’est à ce moment-là qu’on s’est aperçu qu’il était mort ». Son acolyte avait alors appelé le SAMU mais son hôte lui avait arraché le téléphone des mains avant qu’il ne puisse donner l’adresse. Boutayeb l’avait ensuite menacé de représailles et contraint de garder le secret.

Un troisième homme va lui prêter main forte

Boutayeb a alors fait appel à une connaissance, Pascal Konieczny, lui aussi toxicomane. C’est lui qui va finalement aider Boutayeb à faire disparaître le corps. « Je l’ai mis dans ma camionnette de service, je suis allé dans les dunes et je l’ai enterré là, au bord des larmes. Je n’étais pas dans mon état normal. Puis tous les jours, je suis revenu à l’endroit où je l’avais enterré. Pour me recueillir », a affirmé Konieczny.


Mais leur secret ne va pas tenir longtemps. Le 22 mars 2014, soit près de deux semaines après la mort de Jonathan, l’ami qui avait tenté de joindre le SAMU a craqué. Il a alerté la gendarmerie et a confié ce qu’il avait vu. Les deux suspects, Boutayeb et Konieczny ont été interpellés et placés en garde à vue. Le cadavre a été localisé et exhumé et l’autopsie a confirmé la mort par overdose.

Prison ferme

Au tribunal, les deux prévenus ont tenté de justifier leur manque de discernement en faisant état de leur consommation habituelle de psychotropes. À la mère du défunt, ils ont présenté des excuses, les larmes aux yeux concernant Konieczny. Ce dernier a été condamné à deux ans de prison dont huit mois avec sursis. Hakim Boutayeb a écopé de trente mois de prison ferme, dont dix mois avec sursis.