🇫🇷 #Pau L’homme qui avait démembré un collégien en 2011 a été libéré.

Claude Ducos a été libéré. (Photo AFP)

Claude Ducos, le retraité chasseur de Cabidos, 77 ans, a purgé sa peine. Il est remis en liberté ce vendredi après avoir passé 3 ans en prison raconte France Bleu.

Claude Ducos, le chasseur retraité de Cabidos a été condamné en appel le 16 décembre dernier à 3 ans de prison ferme, pour non dénonciation de crimes, recel de cadavre, atteintes à l’intégrité d’un cadavre et dissimulation de preuves.

Il a toujours nié sa participation au meurtre et à la disparition d’Alexandre Junca, en juin 2011. Deux cours d’assises l’ont condamné à cette peine qui peut paraître bien courte compte tenu de la gravité des faits, mais qui est pourtant le maximum prévu par le Code pénal.

Il va quitter sa prison ce vendredi, à l’âge de 77 ans.

Les remises de peines automatiques et rien d’autre

Claude Ducos a passé 700 jours en prison dont 16 mois en détention préventive. Il a été condamné à 3 ans, soit 1095 jours. Il a donc bénéficié d’une remise de peine d’un tiers. Il faut savoir que cette remise de peine est automatique, quel que soit la gravité de l’affaire : 3 mois de remise de peine pour la première année de prison, et 2 mois par an pour le reste, plus 7 jours par mois passé derrière les barreaux.

Claude Ducos a demandé des remise de peines supplémentaires qui lui ont toutes été refusées par le juge d’application des peines. En revanche, il n’a pas formulé de demande de remise en liberté conditionnelle. Ces demandes sont possibles quand le détenu arrive à mi peine.

Claude Ducos n’a pas croisé un seul détenu

Claude Ducos a été placé en isolement total. C’est à dire que durant les 699 jours qu’il a passé en détention, il n’a pas croisé un seul détenu. Il a connu deux établissements. Ses parloirs avec son frère et sa sœur ou ses entrevues avec ses avocats ont eu lieu à la bibliothèque ou dans sa cellule, ce qui ne se fait jamais habituellement. À chaque fois, tout a été mis en oeuvre pour qu’il ne croise personne.

Il n’a jamais quitté sa cellule, et a tous les jours refusé ses temps de promenade, qui étaient pourtant elles aussi isolées des autres détenus. Même si sa peine ne comprend pas d’interdiction de séjour dans le Béarn, il ne prévoit pas de revenir dans sa région. Ni à Laruns où il a été hébergé avant son procès, et encore moins à Cabidos où il est « persona non grata ». Il ne fait plus l’objet que d’une privation de ses droits civiques, civils et familiaux pour une durée de 5 ans.

Il va vivre avec l’âge qui est le sien, avec le regard d’autrui et le poids de l’extrême horreur de cette affaire et du souvenir éternel que les gens auront de la disparition de ce garçon — L’avocate de Claude Ducos sur France Bleu Béarn

« Il va retrouver le monde libre, explique son avocate, maître Loréa Chipi. Il va vivre avec l’âge qui est le sien, avec le regard d’autrui et le poids de l’extrême horreur de cette affaire et du souvenir éternel que les gens auront de la disparition de ce garçon. Ce n’est pas simple. Le regard d’autrui ne sera pas neutre. Sa pensée, sa conscience, lui sont très intimes. C’est quelqu’un qui ne se livre pas facilement.

Il ne fera rien qui pourra heurter, choquer ou marquer l’opinion et surtout la famille du petit Alexandre (…) Je ne me suis jamais posé la question de la lourdeur de la charge qui m’incombait. À aucun moment, je n’ai subi des critiques ou des remarques. Personne ne m’a jugée, personne ne m’a associée à la gravite des faits. Je tiens à remercier la famille d’Alexandre qui a fait preuve d’une dignité absolument magnifique et très touchante. Ils ont compris que tout être a droit à une défense et je tiens à remercier ces personnes qui ont beaucoup œuvré à permettre que ces échéances judiciaires extrêmement douloureuses puissent passer, et que l’oeuvre de justice soit accomplie dans les conditions les plus sereines possibles ».

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