Poitiers : Le policier a été acquitté pour le tir mortel sur un forcené en 2007.


Illustration. (Shutterstock)

La Cour d’Assises de la Gironde a rendu son verdict après des années de procédure : le policier Jocelyn C. est acquitté.

Plus de 11 ans après les faits, le brigadier-chef Jocelyn C. peut enfin souffler. Son avocat Me Laurent-Franck Lienard en a fait l’annonce : son client a été acquitté. Le policier était poursuivi pour « violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ».


Il encourait jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle pour un tir mortel sur le forcené Olivier Massonaud, le 14 août 2007 à Poitiers.

L’intervention de police-secours avait dégénéré

Ce jour-là, le brigadier-chef Jocelyn C. intervenait sur une mission de Police-Secours. Un homme ivre, potentiellement armé et dangereux avait surgi en une fraction de seconde, fatale.

Le suspect, violent avec sa femme était menaçant et insultant envers les policiers. Au début de l’intervention, il avait été vu en possession d’un couteau ensanglanté, rapporte Sud Ouest.

Les policiers suivent les traces de sang

Le forcené, Olivier Massonaud, avait pris la fuite à la vue de la patrouille. Une course-poursuite s’en était suivie en pleine nuit. Les policiers à sa suite se fiaient aux traces de sang au sol pour le localiser. Ils lui avaient lancé « Bouge pas, bouge pas ! », mais le suspect qui se dissimulait entre deux voitures avait surgi soudainement et sauté sur un fonctionnaire. Ce dernier avait paré l’attaque en usant de sa lampe torche.

Une balle dans l’abdomen

Simultanément à l’attaque, le chef de quart de permanence Jocelyn C. avait fait feu à une reprise. Il se trouvait à trois mètres de l’agression et craignait alors pour la vie de son collègue. Le forcené avait été atteint mortellement par une balle au niveau de l’abdomen.

La légitime défense reconnue… dans un premier temps

L’enquête de la police des polices avait conclu à un tir en légitime défense, de même que la justice en première instance. Le père du forcené avait fait appel de la décision. La Cour d’Appel de Bordeaux avait finalement jugé que « les moyens de défense utilisés par Jocelyn C. » étaient « disproportionnés par rapport à la gravité de l’atteinte ».

Ce vendredi, la Cour d’Assises de la Gironde a finalement acquitté le policier, après 1h30 de délibérations.