Policiers attaqués sur les Champs-Élysées : une tentative de lynchage et du sang froid.

par Y.C.
(capture écran vidéo Clément Lanot)

Trois policiers ont été très violemment pris à partie ce samedi en marge de cette nouvelle manifestation des Gilets jaunes dans la capitale. La scène aurait pu se terminer par un drame mais une nouvelle fois, le sang froid des policiers a fait la différence.

Les images sont effrayantes et d’une extrême violence. Elles ont fait le tour des réseaux sociaux dans l’heure qui a suivi. Au départ des faits, quatre policiers à moto de la Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI 75), se trouvent à l’angle d’une rue avec les Champs-Élysées. Des centaines de manifestants sont alors sur la plus belle avenue du monde et les forces de l’ordre ont déjà fait usage à plusieurs reprises de moyens lacrymogènes.

La situation est tendue même si il n’y pas de scènes de casses et de pillages du niveau de celles que l’on a vécues, notamment les samedis 1er et 8 décembre. L’un des fonctionnaires envoie alors une grenade afin de faire reculer les manifestants qui viennent d’être chargés sur les Champs-Élysées.

Le policier décide de sortir son arme à feu

Alors qu’ils vont quitter les lieux, un individu se jette sur l’un des policiers et lui porte un coup. Un second homme se jette sur lui et lui donne un coup de poing au visage. Le policier manque de tomber. Sa moto chute au sol. Trois des fonctionnaires avancent sur le groupe de manifestants pour les faire fuir, mais la situation va continuer à se dégrader.

Alors que les policiers rejoignent chacun leurs motos, l’un ne parvient pas à relever rapidement la sienne. De nombreux individus se rapprochent soudainement.

L’un des agents saisit son arme à feu et met en joue les agresseurs, hostiles, qui sont plus nombreux à chaque seconde qui s’écoule. L’effet n’est que mitigé. Si à droite les assaillants reculent, sur sa gauche, d’autres individus avancent et portent des coups aux policiers, isolés. Tout cela ne se déroule qu’en quelques instants.

Légitime défense ?

Acculés et alors qu’une seconde moto est tombée par terre, les trois policiers prennent la fuite tant bien que mal. L’un d’entre-eux monte sur le deux-roues de son collègue et abandonne son véhicule, qui est alors encerclé et dégradé à coups de pied en quelques secondes, par une trentaine d’individus.

La seule et unique envie de détruire cet engin est facilement perceptible, à l’image de la voiture de police incendiée rue Daniel Casanova, samedi 8 décembre alors que là aussi, les trois policiers avaient pris la fuite à pied.

Ces trois fonctionnaires de la CSI 75 étaient-ils en état de légitime défense ? Attaqués par des dizaines d’individus virulents dont plusieurs leur ont notamment porté des coups, si les policiers s’étaient retrouvés coincés, l’usage de leur arme de service aurait été nécessaire pour protéger leur vie.

L’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure aurait donc été respecté. Le sang froid des fonctionnaires, largement salué par ailleurs, a permis d’éviter ce dernier recours qui aurait fait basculer la situation dans un drame.

Des agressions particulièrement violentes du même type

Des faits qui ne sont pas sans rappeler ce policier, lynché au sol à proximité de l’Arc-de-Triomphe, samedi 1er décembre ou encore ceux qui étaient en voiture rue Daniel Casanova, attaqués par de nombreux individus le même jour. Leur voiture avait été pillée et incendiée. Sans oublier l’attaque d’un fourgon d’une Compagnie d’intervention (CI), également ce 1er décembre, où un fusil d’assaut de type G36 avait été dérobé aux fonctionnaires acculés. Nous pourrions également cité ce CRS gravement brûlé par un cocktail Molotov, lors d’une manifestation contre la Loi Travail, le 1er mai 2017.

Ces attaques contre les forces de l’ordre se réitèrent. Par miracle, à chaque fois, elles n’ont donné lieu qu’à de légères blessures. Qu’en sera-t-il la prochaine fois si une telle situation vient à se reproduire ? Nul ne peut le savoir. Il s’agit quoi qu’il en soit et incontestablement, d’un signal d’alarme crucial visant l’autorité de l’État.

Des réactions multiples et des condamnations

« Ce matin à Montmartre, ce soir sur les Champs-Élysées, nos forces de l’ordre ont été odieusement prises pour cible par des individus face auxquels elles ont réagi avec sans froid et professionnalisme. Respect et soutien », a écrit Laurent Nunez, secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur, dans un tweet ce samedi soir.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a également réagi à ces violences : « Donc, «on» lynche des policiers, «on» chante la quenelle de Dieudonné à Montmartre, «on» reprend les codes des années 30 pour renverser la République, «on» décapite l’effigie du président… ». « Derrière ces «on », un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste », a-t-il ajouté.

« Il faut briser le cycle de la violence par une application stricte et sévère de la loi »

« Le jour où dans ce pays l’agression d’un policier ou d’un gendarme coûtera deux ou trois ans de prison ferme, ces barbares se tiendront différemment. Il faut briser le cycle de la violence par une application stricte et sévère de la loi », a pour sa part écrit le journaliste et écrivain Mohamed Sifaoui.

« Nos collègues victimes ce soir d’un lynchage sur les Champs-Élysées. S’ils n’étaient pas parvenus à fuir, abandonnant une moto, auraient ils été tués ? C’est ce qu’ils subissent depuis 1 mois. Stop la désinformation quand ils doivent se défendre » a déclaré pour sa part Linda Kebab, déléguée du syndicat de police Unité SGP-FO.

L’une des figures des Gilets jaunes interpellé

220 personnes ont été interpellées en marge de cette nouvelle manifestation spontanée des Gilets jaunes à Paris, ce samedi 22 décembre. 80 d’entre-elles ont été placées en garde à vue, dont l’une des figures du mouvement, Eric Drouet, interpellé avec une arme prohibée.