🇫🇷 Une polyhandicapée privée de son fauteuil dans un vol de la compagnie Vueling, voyage allongée sur sa mère.

Photo Facebook

Autorisée à voyager à l’aller vers Barcelone dans son fauteuil adapté, une jeune femme a été contrainte au retour de s’allonger sur sa mère pendant tout le vol. La compagnie Vueling assure avoir diligenté une enquête révèle Le Parisien.

Lucy a fêté ses 18 ans à Barcelone (Espagne). «Un tel voyage était ambitieux», reconnaît aujourd’hui Amarantha Bourgeois, la maman de cette polyhandicapée pour qui prendre l’avion devient rapidement un parcours du combattant. La jeune femme a la motricité et la tonicité d’un bébé de 3 mois.

Elle ne peut pas rester assise et souffre entre autres de scoliose et d’ostéoporose. Si à l’aller, entre Orly et la capitale de la Catalogne, le vol sur la compagnie low-cost espagnole Vueling s’est déroulé sans anicroche, le retour vendredi dernier a viré au cauchemar.

«J’avais mis trois mois à tout organiser, continue Amarantha, qui est par ailleurs présidente de l’association des jeunes aidants et conseillère municipale (PS) de Montgeron (Essonne). J’ai contacté la compagnie Vueling pour connaître les dimensions de leurs sièges et faire réaliser un équipement sur mesure par un orthoprothésiste.» Coût de l’appareil : 1 200 euros.

Le jour du départ, à Orly, l’adolescente et sa mère sont pris en charge par le service réservé aux personnes à mobilité réduite (PMR) jusqu’à la porte de l’avion. «Le personnel navigant a un peu tiqué car le siège ne rentrait pas à cause du dossier du siège de devant. Finalement, avec l’accord du commandant de bord, ils nous ont installées au premier rang où les places sont un peu plus larges et nous avons bien voyagé.»

Trois crises d’épilepsie sur 1h15 de vol

Au retour, deux semaines plus tard, sur le vol VY8022 ça se gâte. Le siège ne rentre pas plus qu’à l’aller. Mais cette fois, pas question pour le personnel navigant d’autoriser à Amarantha et Lucy l’accès au premier rang. Le commandant de bord intervient. «Il était dans tous ses états et nous a dit qu’en cas d’évacuation, on gênait la sortie, continue Amarantha. Pourquoi cela nous a été autorisé à l’aller dans ce cas ?»

Pire, le pilote annonce à la maman qu’elle va être débarquée. «Il était tard et j’ai fini par dire que les seuls à me faire sortir de l’avion seraient les policiers», explique Amarantha. Hélène, une autre passagère témoin de la scène, raconte : «Je l’ai calmée, elle était vraiment très énervée. Elle s’est isolée avec le commandant de bord.»

Finalement, un terrain d’entente avec le pilote est trouvé. Lucy obtient l’autorisation de voyager en dehors de son siège. Hélène poursuit : «Avec la maman, nous l’avons tenue pour le décollage et l’atterrissage. Lucy, c’est une poupée de chiffon.» Amarantha s’emporte : «C’était un exercice de contorsion ! Quand elle n’est pas bien installée, elle fait des crises d’épilepsie. Elle en a fait trois en 1h15 de vol. Les passagers étaient révoltés. On a voyagé au deuxième rang de l’avion derrière des places vides…»

Contacté, le service communication de la compagnie aérienne a bien noté nos demandes d’explications, mais n’avait pas donné suite à nos sollicitations lundi soir. Samedi matin, Amarantha a eu un échange avec le service client pour demander des explications. Elle a obtenu des excuses, un numéro de dossier et l’annonce qu’une enquête était ouverte pour savoir ce qui s’était réellement passé sur ce Barcelone-Paris. «Je pense désormais porter plainte pour discrimination, dit-elle. En 2017, cela montre qu’il y a encore de gros soucis d’accessibilité.»

Lire la suite : bit.ly/2u4O…