🇫🇷 Près de 1000 faits de violences faites aux personnes sont signalés chaque jour en France.

par Y.C.
Illustration. (photo Remy Buisine ©)

Les « violences gratuites » sont en hausse en France depuis le 1er janvier. Les violences sexuelles sont également en progression de près de 20%.

Les chiffres sont éloquents. Le Figaro dévoile le bilan du premier semestre 2018 de la délinquance en France. Des données alimentées par les services de police et de gendarmerie.

Depuis le 1er janvier, le nombre d’agressions non crapuleuses (commises dans un but autre que le vol) atteint le millier d’actes par jour. 956 pour être exact, soit de 173.179 faits de « violences gratuites ».

24.884 faits de violences sexuelles

Concernant les violences sexuelles, elles ont explosé. Du 1er janvier au 30 juin l’année dernière, 20.827 faits avaient été signalés, contre 24.884 faits au 1er semestre 2018. Une hausse vertigineuse de 19,7%. Un chiffre sous-estimé selon le quotidien, puisque les enquêtes réalisées par sondages auprès des victimes, montrent que les faits seraient cinq fois supérieurs.

Les agressions crapuleuses, pour l’essentiel les vols avec violences continuent eux, de baisser, passant de 51.498 faits à 45.520 faits en six mois, soit une diminution de plus de 11%. Une baisse liée « aux dispositifs de sécurité active qui équipent désormais les objets les plus volés comme les téléphones mobiles » selon un responsable de la Direction générale de la police nationale cité par ce même journal.

Des faits graves et marquants

Ces dernières semaines, plusieurs affaires de « violences gratuites » ont été le reflet de cette augmentation. D’abord le 8 août dernier à Paris dans un bus, où un homme de 50 ans a été tué après avoir été poignardé, des suites d’un simple différend. Puis le 13 août à Périgueux où un migrant afghan s’en est pris à quatre personnes différentes en pleine rue avec un couteau, blessant l’une des victimes gravement.

Autre fait marquant ce week-end dans la capitale, où un homme de 25 ans est mort d’un coup de couteau au thorax dans le métro, après là aussi, un différend avec l’auteur présumé des faits. Ce dimanche, ce sont 14 individus qui ont été arrêtés avec des haches, des machettes et un couteau de chasse notamment. Les exemples ne manquent pas dans nos colonnes.

Les cas de la région marseillaise et de Grenoble

La région de Marseille est aussi toujours autant touchée par les règlements de compte : 15 personnes y ont perdu la vie depuis le 1er janvier. Un chiffre qui dépasse déjà celui de 2017 rappelle Le Figaro.

Le quotidien évoque également la situation de Grenoble, qualifiée récemment de « Chicago français » par le syndicat Alliance Police Nationale. Entre les 11 et 14 août dernier, des représailles sur fond de trafics de drogues ont fait 4 blessés par balle, âgés de 18, 17 et même 15 ans. Sans oublier l’affaire Adrien Perez, tué au couteau à la sortie d’une boite de nuit grenobloise, alors qu’il défendait son ami agressé par deux individus.

Une centaine de blessés par jour chez les forces de l’ordre

Les forces de l’ordre font aussi les frais de ces « violences gratuites » en hausse. Déjà plus de 17.000 violences à personnes dépositaires de l’autorité ont été recensées au premier semestre 2018, soit près d’une centaine de blessés par jour chez les représentants de la loi et des institutions. Un chiffre qui ne va pas arranger le malaise grandissant, déjà révélé à de multiples reprises dans les rangs de la police nationale, notamment.

Le lancement de la PSQ, la « police de sécurité du quotidien » s’annonce comme un défit majeur pour Gérard Collomb. Les syndicats de police sont unanimes vis à vis de l’urgence à restaurer la crédibilité de la réponse pénale.

Mais le manque de places de prison pèse toujours sur la justice, qui ne pourra pas faire de miracle, rappelle le quotidien. Les programmes de construction d’établissements pénitentiaires ou éducatifs lancés mettront des années à voir le jour.

Gérard Collomb devra également agir en tenant compte de la réforme en cours du temps de travail dans la police nationale et la gendarmerie, qui menace d’obérer de 5 à 6% la capacité opérationnelle des unités, écrit le journal.

Les armes blanches dans le viseur de la place Beauvau

Le ministère de l’Intérieur a décidé d’accentuer la lutte contre les armes blanches. La place Beauvau a identifié 90 affaires marquantes où une victime est décédée ou un pronostic vital engagé. Des consignes ont été données aux forces de l’ordre, afin de rechercher d’avantages ces armes, par les palpations de sécurité notamment.

Depuis janvier, les forces de l’ordre ont procédé à 21.253 interpellations pour port d’arme prohibé contre 19.761 à la même période de l’année précédente. Une baisse de 7,5% dont le ministère de l’Intérieur se félicite.

Actu17.