🇫🇷 Procès de Jawad Bendaoud : «On m’a vendu un boeuf bourguignon, j’ai fini avec un couscous».

par Y.C.

Du « Jawad » dans le texte… Le « logeur de Saint-Denis » a pris la parole lors de son procès. Ses avocats auraient sans doute préféré que ce ne fut pas le cas.

Lors de son procès, le « logeur de Saint-Denis » a fait du grand « Jawad » : celui qui est devenu célèbre suite à son interview abracadabrantesque face à la caméra de BFMTV le 18 novembre 2015. Mais cette fois-ci, c’est face aux juges qu’il s’est exprimé. Le journaliste Lucas Burel, de L’Obs, a rapporté ses propos délirants et ses arguments de défense.

« J’ai mangé un sandwich escalope boursin »

Ce jeudi, face aux juges de la 16ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, Jawad Bendaoud raconte, à sa manière, le moment où il quitté le squat  : « Après avoir quitté mes locataires, j’étais très tranquille. Posé sur mon balcon, avec vue sur le Stade de France, en train de me fumer un gros joint de beuh. J’ai mangé un sandwich escalope boursin – j’en ai même donné un morceau à mon chien – et j’ai regardé un film sur Netflix. Vous pensez vraiment que je savais que je venais de laisser des terroristes dans mon appartement ? ».

Face à la Cour, il n’arrête pas de parler

Peut-être parce que Jawad Bendaoud est à l’isolement depuis le 27 novembre, ce jeudi face aux juges, l’homme avait beaucoup à dire… Mettant à rude épreuve la patience des magistrats. Il est allé jusqu’à expliquer la raison pour laquelle il portait un maillot du PSG, celui-là même qu’il portait lorsqu’il a serré la main du terroriste Abdelhamid Abaaoud devant son squat : « C’est pour ça que je l’ai mis aujourd’hui ».

« On m’a vendu un bœuf bourguignon, j’ai fini avec un couscous »

Par cette formule, l’homme, nerveux, a tenté d’expliquer l’énorme mal entendu dont il a dit être victime. Jawad Bendaoud est même allé jusqu’à se comparer à Michel Catalano, propriétaire de l’imprimerie de Dammartin-en-Goële, où s’étaient retranchés les auteurs de la « tuerie de Charlie Hebdo », en ces termes : « Le mec de l’imprimerie des Kouachi là, c’est pareil, lui non plus il a pas choisi ce qui lui est arrivé ! ».

Festival de petites saillies dont il a le secret

« Dans un autre pays je serais en tenue orange en train de m’accoupler avec des chiens », pour exprimer ses remerciements d’être jugé en France.

« Il y a des avocats consommateurs de cocaïne dans la salle ? », lorsqu’il explique les effets de la cocaïne sur lui.

« Le maire de Saint-Denis m’a confondu avec Pablo Escobar », lorsqu’il s’en prend à l’édile.

Il s’est ensuite attaqué à un policier en ces termes : « une petite chinoise de la BAC de Saint-Denis, balafrée » qu’il a surnommé « Katsuni » (une ancienne actrice porno, ndlr).

Du « gel Vivelle Dop fixation béton »

Après un long récit, il relate sa soirée du 17 novembre, alors que les terroristes les plus recherchés de France sont installés dans son squat, il était « sans aucun stress », raconte qu’il s’est fait « beau gosse » : « Je m’en rappelle très bien : un petit coup de gel ‘Vivelle Dop fixation béton’, t-shirt Kenzo et une veste Schott. Elle coûte 4.500 euros et date de 1979, un truc stylé qu’aiment les collectionneurs ». Il a ensuite expliqué que ce n’est que le lendemain matin qu’il a « percuté », lorsqu’il s’est approché du périmètre de sécurité encadrant l’intervention du RAID dans le squat.

L’ADN de Jawad Bendaoud sur l’adhésif du détonateur d’un gilet d’explosifs

Jugé pour « recel de malfaiteurs criminels », le mis en cause a été interrogé par Isabelle Prévost-Desprez, présidente de la Cour, sur la présence de son ADN sur l’adhésif entourant le bouton-poussoir d’un gilet d’explosifs. Un élément qui pourrait conduire Jawad Bendaoud à une peine plus lourde pour terrorisme. L’accusé a alors répondu : « Le scotch était dans l’appartement et j’ai dû le manipuler à un moment ou à un autre […]. Moi, concevoir un détonateur ? Vous me mettez 25 grammes avec un fil, j’ai peur que ça m’explose à la gueule ! ».

En fin d’audience, Jawad Bendaoud s’est laissé aller à une ultime provocation depuis le box des accusés :   « C’est ça, c’est ça ! Allez, walouu ! Vous avez déjà perdu les gars ! ». Une intervention dont ses conseils se seraient bien passés également, relate L’Obs.

Actu17.