🇫🇷 Radouane Lakdim était fiché S depuis 2014. Suivi par la DGSI, il faisait partie du «haut du spectre».

par Y.C.

Radouane Lakdim était fiché S depuis 2014 et était bien connu de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) comme nous l’avons révélé hier. L’assaillant avait été condamné également à deux reprises. L’homme serait devenu Français en 2004, et non en 2015.

Né au Maroc le 11 avril 1992, à Taza au Maroc, Radouane Lakdim était déjà connu des services de police et de ceux de la justice, avant ses attentats terroristes ce vendredi.

Qualifié hier de « petits délinquants » par Gérard Collomb, Radouane Lakdim a été condamné à un mois de prison avec sursis en 2011 pour port d’armes prohibé puis à un mois de prison le 6 mars 2015 pour usage de stupéfiants et refus d’obtempérer. Une peine qu’il a effectué en 2016 à la maison d’arrêt de Carcassonne.

Radouane Lakdim était suivi par les services de renseignement depuis 2013, fiché S (fiche sûreté de l’État de type terrorisme) dès 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste.

Le terroriste était également inscrit au au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), où près de 20.000 individus sont inscrits. Ce dernier avait fait l’objet d’un suivi des services de renseignement en 2016 et 2017 selon Le Monde.

Devenu Français en 2004 et non en 2015 ?

Alors que plusieurs médias français dont BFMTV et Le Figaro, annonçait que Radouane Lakdim avait obtenu la nationalité française en 2015, soit l’année suivante de la création de sa fiche S, il semblerait qu’il n’en soit en fait rien.

Le terroriste aurait en fait obtenu la nationalité française en 2004 selon Europe 1, à l’âge de 12 ans alors que son père était devenu français. Sa fiche S sera donc créée 10 ans plus tard.

Sur les 20.000 individus présents sur le FSPRT, 11.000 d’entre-eux les « plus sensibles » sont pris en compte par les services. Mais la surveillance permanente de la totalité de ces suspects n’est pas réalisable, des choix doivent donc être fait.

Une relation avec l’un des délinquants « les plus actifs du secteur » soupçonné de trafic d’armes

Radouane Lakdim faisait parti de ces 11.000 individus pris en charge par la DGSI et correspondait donc au « haut du spectre » décrit Le Monde. Les autres profils sont quant à eux suivis par le renseignement territorial. En d’autres termes, le terroriste du Super U de Trèbes était parmi les suspects potentiellement dangereux.

L’assaillant de 25 ans était notamment suivi au vu de sa relation avec un autre délinquant plus chevronné, Malik M., originaire du même quartier de Carcassonne explique Le Monde. Malik M. était connu pour être « un des délinquants les plus actifs du secteur ». Condamné pour trafic de stupéfiants et violences contre agents dépositaire de l’autorité publique, l’homme était soupçonné en 2015 de participer à un trafic d’armes.

Des SMS inquiétants avaient été découverts sur le téléphone de ce même suspect lors d’une perquisition à l’été 2015, évoquant des commandes de « cala » et de munitions « 7,62 » mm et « 5,56 » mm, toujours selon les informations du Monde.

L’enquête de la DGSI n’avait rien donné

Malik M. avait également été contrôlé à deux reprises avec Radouane Lakdim en 2014 et 2015, alors déjà connu pour être « en relation avec la mouvance islamiste radicale ». C’est ce qui déclenchera le suivi de la DGSI dès 2016, qui n’aboutira à rien.

Depuis juillet 2017, parmi les auteurs des seize projets d’attentat terroristes, aucun ne s’était rendu en Syrie rappelle le quotidien.

François Molins a expliqué hier en conférence de presse que le suivi pour radicalisation de Radouane Lakdim « n’avait mis en évidence aucun signe précurseur laissant présager un passage à l’acte ».

Actu17.