🇫🇷 #Santé 13 lots d’œufs contaminés au fipronil ont été livrés en France en juillet.

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Le scandale des œufs contaminés au fipronil, cet anti parasitaire puissant que l’on met sur les chiens et les chats pour lutter contre les tiques et les puces, affecte aussi la France.

Le scandale apparu au grand jour la semaine dernière aux Pays-Bas touche les aviculteurs français. Treize lots d’oeufs contaminés en provenance des Pays- Bas ont été livrés en France, à deux établissements de fabrication de produits à base d’oeufs de la Vienne et du Maine-et-Loire en juillet, a indiqué lundi auprès le ministère de l’Agriculture.

Aux Pays-Bas, où quelques 180 élevages ont été bloqués, les éleveurs néerlandais pourraient abattre des millions de poules contaminées par un insecticide : le fipronil.

En Belgique, la réponse à cette crise est une promesse de «la transparence la plus complète», lundi, après avoir tardé à donner l’alerte. Le Royaume-Uni est également touché : «le nombre d’oeufs est très limité (21.000) et le risque pour la santé publique très faible, mais nous enquêtons en urgence sur la distribution de ces oeufs», a reconnu lundi l’Autorité britannique de sécurité alimentaire.

Du côté de la France, l’enquête est également en cours. Le ministère de l’Agriculture n’était pas en mesure de dire dans l’immédiat si les produits incriminés s’étaient retrouvés dans le commerce. Samedi, à tort, le ministère affirmait que le pays n’était pas «concerné», même si un élevage du Pas-de-Calais (nord) avait été bloqué préventivement depuis le 28 juillet.

Le friponil : pas un risque en soi

Le fipronil est une molécule utilisée pour éradiquer le pou rouge sur les poules. En grande quantité, elle est considérée comme «modérément toxique» pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’usage est néanmoins strictement interdit chez les animaux destinés à la consommation humaine. Les taux dépassant parfois largement les seuils autorisés par la réglementation européenne, des rappels massifs ont été ordonnés.

«En complément de l’analyse de risque de l’Efsa», l’autorité européenne de sécurité des aliments, le ministère a décidé de saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) «pour obtenir un avis sur les risques pour la santé humaine liés à l’ingestion d’oeufs ou de produits contaminés par le fipronil». «La présence de traces de fipronil ne constitue pas en soi un risque», a expliqué le ministère, en soulignant que «seules les analyses engagées permettront de déterminer si le niveau de contamination de ces produits est susceptible de présenter un risque pour la consommation».

Des oeufs livrés entre le 11 et 26 juillet en France

Le 28 juillet, un élevage du Pas-de-Calais a été placé sous surveillance après le signalement par l’éleveur de l’utilisation de ce produit par son fournisseur belge, a rappelé le ministère en précisant qu’aucun oeuf issu de cet élevage n’a été mis sur le marché. Les résultats des analyses pour cet élevage seront connus à la fin de la semaine.

«On est en train d’investiguer tout ça», a indiqué une porte-parole du ministère, qui a ajouté que les services de contrôle étaient en train de vérifier «ce qui a été utilisé ou pas» sur l’ensemble de ces lots . «Des investigations sont menées dans ces établissements par les services de contrôles du ministère de l’Agriculture pour évaluer la situation (les produits concernés et leur destination) et bloquer les produits incriminés à des fins d’analyses», indique le ministère dans son communiqué. La France a été informée samedi soir et dimanche par les autorités européennes, de la livraison de ces oeufs «entre le 11 et le 26 juillet» derniers.

«Les professionnels de l’amont (producteurs d’oeufs) ont été informés et il leur a été demandé de vérifier leurs approvisionnements», a ajouté le ministère. Les acteurs de l’aval : collecteurs, transformateurs et distributeurs se réunissaient lundi soir pour faire le point sur la situation et renforcer la surveillance.

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