🇫🇷 Seine-Saint-Denis : L’Avocat Général requiert l’interdiction d’exercer pour 3 policiers.

par Y.C.
TGI de Bobigny. D.R.

Le procès de trois fonctionnaires de police qui étaient intervenus à Villemomble se tient actuellement devant la Cour d’Assises de Bobigny.

Aujourd’hui se tenait le sixième jour du procès de trois policiers poursuivis pour avoir notamment éborgné une mère de famille, lors d’une intervention qui avait dégénéré le 25 juin 2013 à Villemomble, en Seine-Saint-Denis.

Du sursis et des interdictions d’exercer requis

L’avocat général Loïc Pageot a requis 18 mois de prison avec sursis contre Antoine C. policier à la brigade anticriminalité (BAC) départementale, ainsi que 3 ans d’interdiction professionnelle et 5 ans d’interdiction de port d’arme pour l’infirmité causée par le jet de sa grenade de désencerclement (GMD).

Contre le policier Michaël S, l’Avocat Général a requis 6 mois de prison avec sursis et une interdiction professionnelle de la même durée, pour avoir blessé au Lanceur de défense (LBD 40) Mohamed K., croyant qu’il allait jeter sur lui une pierre alors qu’il ramassait son pull au sol.

Enfin, 3 mois de prison avec sursis et autant d’interdiction d’exercer ont été requis contre Ludovic R., qui a frappé Mohamed K. d’un coup de bombe lacrymogène sur la tête pour le faire reculer.

La légitime défense n’est pas une option pour l’Avocat Général

L’Avocat Général a déclaré que, pour lui, la légitime défense ne tenait pas, fustigeant la ligne de défense des policiers qui soutiennent « l’indéfendable », selon lui, parfois même « avec morgue ». Le magistrat d’ajouter : « Les vidéos sont gênantes, dérangeantes mais montrent des faits, et il est un moment où il faut reconnaître ses erreurs ».

 « Des méthodes de petites frappes »

L’avocat de la famille K. a surenchéri : « Ce sont des méthodes de petites frappes, comment des hommes remarquables et dévoués n’arrivent pas à prendre conscience de leurs actes ? ».

La parole à la défense

Me Frédéric Gabet, l’avocat de deux des trois policiers a plaidé : « C’est facile d’analyser ça ici, confortablement assis sur nos bancs ! Ces fonctionnaires ont fait de leur mieux pour gérer une situation ingérable, et sans aberration juridique vous pourrez retenir la légitime défense ». Son confrère Me Daniel Merchat, défenseur du troisième fonctionnaire, « la vidéo est un faux témoin » et son client « un faux coupable » instillant le doute dans l’esprit des jurés que la mutilation de la principale victime n’était peut-être pas due à la grenade mais à un tir de flashball d’un autre policier. L’avocat a souligné qu’il n’y avait pas eu d’expertise ballistique et que condamner son client sur cette base serait une injustice, rapporte .

Le verdict devrait être rendu demain, mercredi 4 juillet.

Actu17.