Soupçons de radicalisation : un club de foot de l’Essonne fermé, des cartons de djellabas découverts


Illustration. (DR)

Le club de football de Lisses près d’Évry (Essonne) a été fermé en juillet dernier, officiellement pour des problèmes de comptabilité. Les raisons réelles sont très différentes.

Un nouveau club de football a été créé dans la commune de Lisses cet été. Le précédent comptait 600 licenciés et a fermé au même moment. La raison officielle évoquait des problèmes de comptabilités mais c’est pour d’autres motifs que ce club a mis fin à ses activités raconte Le Parisien.

Des soupçons de communautarisme et de radicalisation pesaient sur l’association depuis que le club avait été repris en main par deux personnes de confession musulmane, dont l’une qui se nomme Mickaël Romain, 38 ans, rapporte le quotidien.

Bar à chicha et tapis de prière

Des infractions ont été relevées par les services communaux dès l’apparition des premiers soupçons en 2018, qui ont donné lieu à un renforcement des contrôles de la part des collectivités mais également des forces de l’ordre. C’est par cet intermédiaire qu’il a été découvert qu’un vestiaire avait été transformé en bar à chicha et qu’un tapis de prière était présent dans le club house.

Par ailleurs, la nourriture servie lors des tournois était uniquement halal, sans que les licenciés n’en soient informés. Des parents avaient également constaté que leurs enfants parlaient de l’islam lorsqu’ils revenaient du foot selon une source proche du dossier citée par le journal. Un signal d’alerte de plus qui a amené à de nouvelles inspections.


Une gestion administrative devenue « floue »

« Lorsqu’on a récupéré les locaux, on a trouvé des cartons remplis de djellabas », raconte le maire de la commune, Thierry Lafon (DVD). La municipalité a également décidé de consulter les comptes de l’association dont la gestion administrative était devenue « floue ».

« On n’a pas de prière organisée, chacun est libre de la faire dans son coin »

Interrogé par Le Parisien, Mickaël Romain, le directeur technique du FC Lissois a tempéré ces accusations. Concernant le tapis de prière, « on trouve ça dans tous les clubs » a-t-il justifié. « On n’a pas de prière organisée, chacun est libre de la faire dans son coin ».

« Les cartons de djellabas, ce sont des collectes de vêtements que nous avions fait auprès des licenciés pour les distribuer aux SDF » a-t-il également expliqué, précisant qu’il ne s’agissait pas d’un « vêtement islamique ».

« Je n’ai jamais parlé d’islam au foot, ni fait l’apologie du terrorisme (…) Je ne suis pas radicalisé », s’est-il aussi défendu, expliquant dans le même temps qu’il avait de l’alcool chez lui et que dans le club de foot, Noël avait été fêté.