Strasbourg : 6 suspects mis en examen après les agressions de pompiers au Nouvel An


Illustration. (image Clément Lanot)

Six individus ont été interpellés et placés en garde à vue mardi, dans le cadre d’une enquête sur des violences commises lors d’un véritable guet-apens contre les pompiers, durant la nuit du Nouvel An à Strasbourg. Ils ont été mis en examen ce jeudi.


Ces mises en examen interviennent au terme d’une minutieuse enquête des policiers de « la cellule Nouvel An » de la sûreté départementale du Bas-Rhin. Il s’agit d’une « task force » spécialement dédiée à la traque des émeutiers qui avaient commis des violences ou des dégradations le soir du Réveillon avec, entre autres, quelque 220 voitures incendiées.

Un mandat de dépôt requis

Les six suspects – quatre mineurs dont une adolescente, âgés de 15 à 17 ans, et deux majeurs de 18 ans – sont notamment poursuivis pour « dégradation par moyen dangereux d’un objet en raison de la qualité de sapeur-pompier de son utilisateur », « violences avec arme », « guet-apens sur des sapeurs-pompiers » et « entrave à la circulation ».

Le parquet a requis leur placement sous mandat de dépôt après avoir déclaré que « globalement, ils légitiment les violences contre les pompiers, en représailles à un de leur véhicule qui avait renversé un jeune du quartier un peu plus tôt sans s’arrêter ». La décision du Juge des libertes et de la détention (JLD) était attendue dans la soirée de jeudi.

Tirs de mortiers, barres de fer et jets de pierres

Cette nuit-là, les émeutiers avaient tendu un piège aux pompiers dans ce quartier de l’ouest de la ville.


Les secours avaient été poussés à y intervenir et accueillis par des jets de pierres et des tirs de mortiers. L’un de leurs camions avait été assailli par des individus qui frappaient dessus à coups de barres de fer.

Deux pompiers blessés, des « agressions violentes sans précédent »

Un projectile avait blessé le conducteur du camion au visage et avait ensuite fait un trou dans le casque de son copilote, lui occasionnant une commotion cérébrale et une brève perte de connaissance, relate Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Des assaillants, dont vraisemblablement les six suspects, avaient aussi commis des dégradations sur un bâtiment abritant un établissement psychiatrique.

Les investigations, notamment le recoupement de leurs auditions, ont permis aux policiers « de les mettre en cause » pour les exactions commises dans le quartier Cronenbourg le 31 décembre, afin qu’ils soient « présentés au parquet », a indiqué la Directrice départementale de la sécurité publique (DDSP), Annie Bregal, rapporte Le Parisien.

Au moment de faire le bilan de cette nuit de la Saint-Sylvestre, le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) avait dénoncé des « agressions violentes sans précédent » et de « véritables guet-apens ».

Des mois d’enquête

Les interpellations de mardi sont intervenues au terme de « plusieurs mois d’investigations » menées en collaboration avec la brigade anticriminalité (BAC) et les brigades de terrain de la DDSP. Les enquêteurs ont notamment dû visionner attentivement des « centaines d’heures » d’enregistrements de la vidéosurveillance urbaine.

Au total, les policiers ont procédé à 93 interpellations pour les violences commises le 31 décembre. 56 de ces suspects ont été identifiés et arrêtés par la « cellule Nouvel An ». Quarante avaient été interpellés le soir même du Réveillon, indique la patronne de la sécurité publique.