Strasbourg : Le gang des Tchétchènes pillait les agences de location dans toutes l’Europe


Illustration. (photo alexfan32/shutterstock)

Ils sont également accusés d’avoir blanchi environ 200 000 euros. Quatre des huit suspects ont été placés en détention provisoire.


Huit Tchétchènes, âgés de 22 à 41 ans, ont été mis en examen vendredi à Strasbourg (Bas-Rhin) pour vol en bande organisé et escroquerie. Quatre d’entre eux ont été écroués, les quatre autres ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Ils sont soupçonnés d’avoir, depuis environ deux ans, volés des voitures de location dans l’Europe entière mais aussi d’avoir mis en place un système de blanchiment d’argent. Au total, les enquêteurs de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Strasbourg les soupçonnent d’avoir dérobé vingt voitures pour un préjudice d’environ 500 000 euros.

L’enquête a commencé courant 2019 sur un renseignement donné aux limiers de la police judiciaire sur les agissements des membres de cette communauté installés dans la ville du Parlement européen. Les malfaiteurs sillonnaient les pays d’Europe et louaient des voitures sous de fausses identités avant de les maquiller et de les revendre à d’innocents particuliers.

De l’achat d’or ou de cryptomonnaie

« Ils avaient une préférence pour les voitures de luxe, BMW X6 et Mercedes, mais on trouve aussi des véhicules plus ordinaires », indique une source proche de l’enquête. L’argent mal acquis était réinvesti dans de l’achat d’or, déposé sur des comptes en banque ou servait à acheter de la cryptomonnaie.


Les enquêteurs ont surveillé pendant de nombreux mois ces malfaiteurs, divisés en deux groupes : les voleurs et une famille d’escrocs notoires qui s’occupait du blanchiment. Les fonctionnaires de la brigade de répression du banditisme (BRB), épaulés par leurs collègues du le groupe interministériel de recherches (GIR 67), estiment que le groupe est parvenu à blanchir environ 200 000 €.

Déjà écroués pour des faits similaires

Lundi, onze suspects ont été interpellés à Strasbourg avant d’être placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire. Les forces de l’ordre ont saisi six véhicules volés durant l’opération. Les mis en cause sont tous déjà connus des services de police et ont même déjà été incarcérés pour des faits identiques. Durant leurs auditions, ces réfugiés politiques, ont tous gardé le silence.