🇫🇷 Suicide de Maggy Biskupski, la présidente du MPC : le parquet ouvre 2 enquêtes.

par Y.C.
(Capture écran France 5)

Maggy Biskupski s’est donnée la mort à son domicile de Carrières-sous-Poissy (Yvelines) avec son arme de service ce lundi soir.

Le parquet de Versailles a ouvert ce mardi, une enquête pour déterminer les circonstances exactes de la mort de la présidente de l’association « Mobilisation des Policiers en Colère » (MPC) selon des sources concordantes.

Une second enquête a été ouverte par le parquet, contre X, pour « abus de confiance ».

Maggy Biskupski qui était affectée à la BAC de nuit des Yvelines, avait envoyé plusieurs courriers à ses collègues policiers, faisant état de problèmes au sein de son association selon ces mêmes sources.

« Certains vont devoir rendre des comptes »

Maggy Biskupski était visée par une procédure de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) pour être sortie de son devoir de réserve. Elle avait été convoquée dans les locaux de la police des polices à plusieurs reprises.

Interrogé par franceinfo, Maël, un policier proche de Maggy Biskupski a réagi à la mort de la présidente de l’association MPC. « C’est le choc, on ne pensait pas qu’on pourrait en arriver là » a-t-il déclaré.

« Cela faisait plusieurs mois qu’il y avait régulièrement des convocations à l’IGPN pour manquement au droit de réserve (…) Ça lui pesait, elle nous disait régulièrement que ça lui pesait » a ajouté ce policier qui dénonce le fait que le ministère de l’Intérieur n’a jamais reçu l’association. « Certains vont devoir rendre des comptes » a-t-il pesté.

Des milliers d’euros auraient été détournés

Maggy Biskupsy aurait reconnu il y a plusieurs jours avoir détourné quelques milliers d’euros des caisses de l’association MPC selon les informations d’Europe 1. De l’argent qu’elle aurait dépensé à des fins personnelles.

La majorité des responsables du « Mouvement des Policiers en Colère » auraient exprimé leur souhait de régler l’affaire en interne, laissant la possibilité à Maggy Biskupski de rembourser la somme détournée. Une position non partagée par d’autres, qui auraient exigé que cette dernière se dénonce devant les médias, selon Le Figaro.

Maggy Biskupsy aurait alors craint que l’information soit rendue publique, redoutant de perdre son statut au sein de l’association, dans laquelle elle était très engagée, mais également de perdre son emploi au sein de la BAC des Yvelines, raconte Europe 1. Des craintes qu’elle aurait évoquées dans une lettre adressée à ses proches, qui a été retrouvée à proximité d’elle ce lundi soir.

Une pression supplémentaire qui s’ajoutait à celles liées à son combat associatif très actif, dans la police nationale. Un combat qui l’avait conduit à être visée par une enquête IGPN pour son manquement à son devoir de réserve en 2016, mais également à de la pression médiatique après être devenue un personnage public régulièrement invité sur les plateaux de télévision, ou encore à la rudesse du paysage syndical policier, comme le rappelle Europe 1.

Une lettre ouverte il y a quelques mois

« Un suicide, un acte pour nous qui reste très difficile… Une famille détruite, des questions sans réponse qui vous hantent, écrivait-elle. Et toujours la même p***** réponse de notre administration : cause familiale. Avec tout le respect que je vous dois, monsieur le directeur général de la police nationale, je vous dis non ! » avait écrit Maggy Biskupsy dans une lettre ouverte sur Facebook, après le suicide d’un policier du SDLP, en charge de la protection de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, à la fin de l’année 2017.

Depuis janvier 2018, 30 policiers se sont donnés la mort. 51 s’était suicidés en 2017 selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.