Suicides à France Télécom : les ex-dirigeants et l’entreprise condamnés pour harcèlement moral


Illustration. (Shutterstock)

France Télécom a été reconnu coupable et condamné ce vendredi pour harcèlement moral, pour la période allant de 2007 à 2008 après une vague de suicides au sein de la société.

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement dans l’affaire France Télécom. L’ancien PDG Didier Lombard, l’ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès et l’ex-DRH Olivier Barberot ont écopés d’une peine d’un an de prison, dont huit mois avec sursis, et 15 000 euros d’amende, pour « harcèlement moral ». Des faits qui se sont produits entre 2007 et 2008.

Le groupe France Télécom a par ailleurs écopé d’une amende de 75 000 euros, la peine maximale.

19 suicides et 12 tentatives

Au cours du procès, 39 victimes ont été citées : 19 se sont suicidées, 12 ont tenté de le faire, et 8 salariés ont subi un épisode de dépression ou ont été en arrêt de travail. Près de 150 personnes s’étaient constituées parties civiles.

Au moment des faits, l’entreprise était engagée dans la privatisation et dans le virage des nouvelles technologies. Le groupe avait décidé de supprimer 22 000 postes (sur 120 000) entre 2006 et 2008 et de procéder également à 10 000 changements de métier. Un technicien marseillais s’était donné la mort et avait évoqué « un management par la terreur », provoquant un large retentissement à cette affaire.

L’ex-PDG Didier Lombard avait déclaré en octobre 2006 devant des cadres supérieurs et dirigeants de France Télécom, qu’il ferait « les départs d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte ».