Tuerie à Strasbourg : ce que l’on sait sur les faits et sur l’assaillant présumé, Chérif C.


Le profil du tueur est déjà connu des autorités. Cherif C., 29 ans, avait déjà été condamné à de multiples reprises et était fiché S pour radicalisation.

Il était 19h50 environ lorsque des coups de feu ont retenti à proximité du marché de Noël de Strasbourg ce mardi soir. Un homme a tiré sur plusieurs personnes dans plusieurs endroits différents, durant de longues minutes, notamment rue des Orfèvres.

Des militaires de l’opération Sentinelle se trouvaient à proximité et ont riposté, alors que l’assaillant leur tirait dessus. Christophe Castaner a indiqué lors de sa conférence de presse à Strasbourg, que le tueur avait été repéré ensuite à deux reprises par les services de sécurité, entre 20h20 et 21h00.

A chaque fois, il y a eu des échanges de coups de feu. Les forces de l’ordre ont ensuite perdu la trace de l’assaillant qui a pris la fuite en utilisant un taxi, qu’il a braqué. C’est ce que montrent les images de vidéosurveillance, qui ont permis également de l’identifier rapidement. Le chauffeur de taxi a pu être auditionné dès hier soir.

3 morts et 13 blessés selon un dernier bilan

Le dernier bilan de la préfecture, donné après un cafouillage durant la matinée, fait état de 3 victimes décédées, et de 13 blessés dont 8 graves. L’assaillant identifié comme étant Cherif C., 29 ans, est aussi blessé si l’on en croit les déclarations du chauffeur de taxi qui l’a pris en charge.


Le tueur présumé, né le 24 février 1989 à Strasbourg, a déjà été condamné à 20 reprises, notamment pour des faits de vols à main armée, en France et en Allemagne. Ce dernier est fiché S depuis 2016 par la DGSI. Il est connu notamment pour fréquenter des individus radicalisés. Cherif C. apparaît pour 70 faits différents au fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ), de la police et la gendarmerie.

Une fiche de recherche a par ailleurs été diffusée dans tous les services des forces de l’ordre, au cours de la nuit. La photo du suspect a rapidement été diffusée sur les réseaux sociaux hier soir.

L’homme avait été incarcéré en Allemagne jusqu’en 2017 où il purgeait une peine de prison pour un vol aggravé révèle le quotidien allemand Der Spiegel. Il avait ensuite été expulsé en France. L’Allemagne a annoncé le renforcement des contrôles à sa frontière.

Une interpellation ratée le matin même

Cherif C. devait être interpellé par les gendarmes ce mardi matin dans le cadre d’une affaire de tentative d’homicide. Cette affaire est celle d’un braquage qui a mal tourné, comme nous le révélions dès hier soir. Ses complices présumés ont tous été arrêtés. Durant la perquisition du domicile de Cherif C., les enquêteurs ont découvert plusieurs grenades mais également une arme de poing.

Ce mardi soir, l’assaillant a utilisé une arme à feu de calibre 8 mm selon plusieurs sources judiciaires concordantes. Un calibre qui n’est pas le plus utilisé et qui peut être celui d’une arme de poing ou d’une arme longue.

« La motivation terroriste n’est pas encore établie »

Le tueur présumé se trouve-t-il encore en France ? Il n’est « pas exclu » qu’il se soit rendu en Allemagne a précisé Laurent Nunez, le secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Intérieur. « La motivation terroriste n’est pas encore établie » a également déclaré l’ancien patron de la DGSI.

Des victimes au hasard

Le mode opératoire du tueur montre en tout cas sa volonté de s’en prendre à des personnes au hasard dans la rue et de faire le plus de victimes possible. Parmi les morts, certaines ont reçu une balle dans la tête.

Autre certitude, l’assaillant présumé connait bien le fonctionnement des services de police, vu son passé judiciaire. Il est parvenu à se dissimuler durant le reste de la nuit et encore ce matin, montrant une préparation ou au moins une complicité.

Le plan Vigipirate réhaussé

Près de 350 policiers et gendarmes participent à la traque de l’auteur présumé a indiqué Christophe Castaner. Les policiers du RAID et ceux de la BRI participent aux recherches.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé cette nuit le retour au plan Vigipirate urgence attentat. Le plus haut niveau en France sur les trois disponibles. La traque se poursuit.