🇫🇷 Un proche collaborateur de Gérard Collomb portait lui aussi un brassard «Police» lors d’un déplacement officiel.

par Y.C.
Capture écran Instagram @arthurempereur / Photo Clément Lanot.

L’affaire Benalla a créé beaucoup de remous au sein de la classe politique en France. De nouvelles questions se posent quant à un proche collaborateur de Gérard Collomb, utilisant un brassard « Police » pour accompagner le ministre de l’Intérieur.

Arthur Empereur est le conseiller communication digitale et affaires réservées du ministre de l’Intérieur. L’homme accompagne régulièrement Gérard Collomb lors de ses déplacements.

Les faits relevés ce jeudi par LyonMag sont datés du 8 octobre 2017 à Juvisy-sur-Orge (Val-de-Marne). Ce jour là, Gérard Collomb se déplaçait au commissariat de la ville, un an après la violente attaque aux cocktails Molotov des policiers, à Viry-Châtillon (Essonne).

Ce soir là, le ministre de l’Intérieur était accompagné de son proche collaborateur, Arthur Empereur. Ce dernier portait un gilet pare-balles à port dissimulé, de la police nationale, mais également un brassard « Police », comme le montrent les images du journaliste Rémy Buisine que nous avions diffusées sur nos réseaux sociaux le soir même du déplacement.

Un délit prévu par le code pénal

Le port du gilet pare-balles n’est pas interdit mais ce n’est pas le cas du brassard « Police » dont l’usage est réglementé. En effet, son port est réservé aux fonctionnaires de police. Or Arthur Empreur est un contractuel du ministère de l’intérieur, un statut officiel qui apparaît sur l’arrêté du 11 juillet 2017 publié au Journal Officiel.

Arthur Empereur ne peut donc pas porter ce brassard « Police ». Un délit prévu par le code pénal à l’article 433-15 du code pénal qui « puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende le fait, par toute personne, publiquement, de porter un costume ou un uniforme, d’utiliser un véhicule, ou de faire usage d’un insigne ou d’un document présentant, avec les costumes, uniformes, véhicules, insignes ou documents distinctifs réservés aux fonctionnaires de la police nationale ou aux militaires ».

D’autant que depuis un arrêté de décembre 2013, tout porteur d’un brassard « Police », « [est] également soumis (…) au port de [son] numéro d’identification individuel. » Il s’agit du numéro Référentiel des Identités et de l’Organisation (RIO), présent sur la carte professionnelle de chaque membre des forces de l’ordre.

Arthur Empereur ne s’était pas caché de sa présence avec Gérard Collomb ce soir là. Il avait en effet diffusé une photo de ce déplacement, sur son compte Instagram, ajoutant le hashtag « voyou ».

Capture écran Instagram.

Une pratique répandue

Un port du brassard « Police », « répandue depuis des années parmi les gardes du corps privés des personnalités importantes de l’Etat. » selon un officier de police judiciaire interrogé par LyonMag.

Une information confirmée par le ministère de l’Intérieur, qui assure que « les collaborateurs du Ministre de l’Intérieur peuvent avoir un usage très occasionnel de brassards ‘Police’ (…) afin de faciliter leur circulation dans des zones faisant l’objet d’une protection accrue ».

La commission d’enquête parlementaire liée à l’affaire Benalla, poursuit ses auditions ce jeudi. Nul doute que cette question sera présente dans le rapport de la commission, qui est amenée à faire des propositions.

Actu17.