🇫🇷 Un proche du terroriste de Nice a été remis en liberté.

par Y.C.

La remise en liberté d’Hamdi Zagar, un proche du terroriste de Nice Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, était passée inaperçu. L’homme a été placé sous contrôle judiciaire. Une décision qui inquiètent les familles des victimes.

Hamdi Zagar qui était depuis deux ans en détention provisoire, a été remis en liberté le 1er août dernier et placé sous contrôle judiciaire. Les juges ont décidé de ne pas renouveler sa détention. L’homme a toutefois interdiction de quitter le territoire français, doit régulièrement pointer au commissariat et a interdiction d’entrer en contact avec les autres mis en cause dans cette affaire, qui sont pour la plupart tous incarcérés explique LCI qui révèle ces informations.

Le Niçois Hamdi Zagar, âgé de 38 ans, est père de trois enfants. Son frère est marié à la sœur de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. L’homme est présenté comme un proche du terroriste de Nice ayant fait 86 morts et des centaines de blessés le 14 juillet 2016.

Hamdi Zagar apparaissait en photo avec le terroriste et son camion bélier

Des échanges de SMS et d’appels dans le téléphone du terroriste n’ont laissé aucun doute aux enquêteurs sur la proximité des deux hommes. Hamdi Zagar apparaît également en photo avec le terroriste, deux jours avant l’attentat, devant le camion qui servira à l’attaque. Le mis en cause a expliqué aux policiers qu’il avait tout simplement été piégé par le terroriste.

Car Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, considéré comme déséquilibré par les enquêteurs, se serait inventé un commando imaginaire et aurait mis en cause par l’intermédiaire de photos et de communications, plusieurs de ses proches à leur insu, avant de passer à l’acte écrit la chaîne d’informations.

Les familles des victimes craignent un départ vers l’étranger

La libération d’un mis en cause « clef » dans ce dossier où il est poursuivi pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » est une première dans cette affaire. Les familles des victimes s’inquiètent et craignent un départ vers l’étranger pour éviter le procès.

« Nous avons vu dans d’autres dossiers l’impossibilité pour les services de renseignement de suivre administrativement des mis en examen, libres sous contrôle judiciaire » explique Me Samia Maktouf, avocate de plusieurs parties civiles dans l’attentat de Nice à LCI. « Lorsqu’on dit qu’il n’y a pas de risques, je suis désolé, il y a des risques certains et sérieux. On l’a vécu avec Saint-Étienne-du-Rouvray (Adel Kermiche avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire, ndlr) et le Bataclan (Samy Amimour, l’un des kamikazes, également, ndlr). » a-t-elle ajouté.

Le maire de Nice Christian Estrosi s’est pour sa part dit « révolté » et évoque une décision « intolérable pour les familles des victimes ».

Aucun lien découvert avec l’EI

Les juges d’instruction ont par ailleurs prévu de recevoir l’ensemble des parties civiles, près de 600 à ce jour, à la fin du mois de novembre, afin de leur faire part des avancées de l’enquête.

L’attentat avait été revendiqué par l’EI sans que les enquêteurs n’aient pu à ce jour, découvrir le moindre lien entre le terroriste et la zone irako-syrienne, ou de cellule terroriste.

Actu17.