Un syndicat de police dénonce des actes illégaux lors des élections professionnelles et saisit la justice.

par Y.C.
Illustration Actu17 ©

Des faits de « corruption » et de « propagande » sont notamment dénoncés par le syndicat de policiers VIGI MI, dans son recours en annulation.

INFO ACTU17. Mercredi, le syndicat de police VIGI Ministère de l’Intérieur a annoncé avoir saisi le tribunal administratif. Dans son recours en annulation, que nous avons pu consulter, le syndicat dénonce des faits de « corruption » et de « propagande » ayant influencé les élections professionnelles de la Police Nationale, qui se sont tenues du 30 novembre au 6 décembre 2018.

La sincérité du scrutin remise en cause

Dans le document que nous avons pu nous procurer, rédigé le 12 décembre dernier et qui a pour objet « Requête introductive d’instance », le syndicat se dit « défavorisé » et remet en cause la « sincérité du scrutin ».

Des cadeaux contre des promesses de votes ?

Outre des moyens humains et matériels inférieurs à ceux mis à disposition d’autres syndicats, VIGI MI dénonce ces derniers de corruption, en les nommant et en précisant les moyens employés.

Dans ce document transmis au Tribunal Administratif, un syndicat se voit mis en cause pour avoir « donné des calendriers, des boîtes de bonbons, des chèques cadeaux et des bons d’achat pouvant atteindre une somme de 50 euros en l’échange de vote ». Un autre y est dénoncé pour avoir publié des tracts sur les réseaux sociaux le jour du scrutin ou encore avoir appelé à voter pour lui en pleine salle des votes. Un troisième syndicat est mis en cause pour avoir « sillonné le Pas-de-Calais en sollicitant les codes des personnels [pour voter] » (alors que les procurations ne sont pas admises, ndlr).

Un logo erroné sur le site officiel des élections professionnelles

Le syndicat VIGI MI précise qu’il « n’est plus affilié à la CGT depuis le congrès extraordinaire du 13 septembre 2018 » mais que le logo publié sur le site officiel du scrutin supportait encore la mention de la CGT. Un fait qui, selon le syndicat, « a forcément introduit le doute dans l’esprit des électeurs ».

L’annulation du scrutin demandé

Le syndicat demande, en conclusion, au tribunal administratif d’annuler ces élections professionnelles et de condamner l’État à lui rembourser les frais de justice engagés.

Selon le Ministère de l’Intérieur, le taux de participation à ce scrutin dont les votes se sont faits pour la première fois en ligne, a progressé de plus de 13 points pour atteindre 81,86 %. Il était 68,15 % en 2014.