Val-de-Marne : Condamné pour détention de drogue et d’armes, un officier de police reprend son poste au SDPJ

Illustration. (Michael Desprez/PhotoPQR/Maxppp)

Un capitaine de police de 49 ans affecté au service départemental de police judiciaire (SDPJ) du Val-de-Marne vient de reprendre le service après avoir été condamné par la justice en appel, pour détention de drogue et d’armes. Une situation embarrassante pour ses collègues mais aussi pour le parquet.

Après avoir purgé ses quatre mois de suspension, le capitaine Bruno G. est de retour à son poste, au SDPJ 94, à Créteil (Val-de-Marne). Lundi, ce policier s’est vu retirer son habilitation d’officier de police judiciaire (OPJ) par le parquet général d’après des sources policières, confirmant une information du Parisien.

Ce capitaine de police est passé en conseil de discipline il y a quelques années alors qu’il était chef de groupe au SDPJ de la Seine-Saint-Denis. La raison ? Il avait frappé son adjoint. Il a alors été muté d’office dans un commissariat mais a fait un recourt pour contester cette décision. L’administration lui a donné raison et il a finalement été réaffecté dans un SDPJ, celui du Val-de-Marne, le 3 octobre 2019.

Dix jours plus tard, l’officier est interpellé par les enquêteurs de l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Un casino du sud de la France a déposé plainte contre lui pour une affaire de fausse monnaie. Durant la perquisition, les enquêteurs de l’IGPN découvrent deux armes avec des munitions, ainsi que de la drogue et de l’argent en numéraire dans son coffre-fort. Bruno G. a affirmé lors de son jugement qu’il s’agissait d’objets pour faire des « coups d’achats » et ainsi piéger les délinquants. Une explication qui a convaincu la justice puisque le prévenu a été condamné, mais dispensé de peine comme l’a révélé Le Point. Cette décision en première instance a été la même lors du procès en appel, à Paris.

« Le pire, c’est que notre hiérarchie nous soutient »

Dans cette affaire, le capitaine de police a néanmoins écopé d’une sanction administrative : une suspension de quatre mois ferme. Bruno G. a donc rejoint son service et son groupe stups en novembre dernier. « Dès le début, il a essayé d’organiser une réunion, de faire son boulot de chef de groupe. Sur le papier, c’est parfaitement normal. Sauf que le type vient d’être condamné pour une affaire de stupéfiants ! Le pire, c’est que notre hiérarchie nous soutient », a réagi l’un de ses collègues, auprès du Parisien.

L’officier a par ailleurs fait appel de la décision de retrait de son habilitation d’OPJ. Une mesure qui l’empêche de pouvoir travailler sur les enquêtes en cours. Dans son groupe, « les types [ses collègues] ont peur ou sont en arrêt maladie », a confié un policier, à nos confrères.