Val-d’Oise : Un homme condamné à 2 ans de prison ferme pour avoir forcé sa compagne à se prostituer


Illustration. (Shutterstock / Boyloso)

C’est la victime elle-même qui est allée se confier aux policiers, malgré les violences et les menaces qu’elle subissait.

Le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d’Oise) a condamné un homme originaire du Nigeria pour proxénétisme et violences volontaires. Poursuivi pour avoir prostitué sa compagne contre son gré, il a écopé de deux ans de prison ferme et six mois avec sursis.

Le proxénète, Best E., pourrait avoir fait partie du gang « Aye », localisé dans la région d’Edo au Nigeria, spécialisé dans la traite des êtres humains et la prostitution forcée. Une accusation qu’il a niée.

La victime se rapproche à deux reprises de la police

La compagne de Best E., une jeune femme de 20 ans surnommée Aida, avait déjà confié ce qu’elle endurait aux policiers d’une brigade de répression du proxénétisme en 2018, relate Le Parisien. Elle était toutefois retournée vivre auprès de son compagnon, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).

De nouveau victime de violences, Aida s’était finalement réfugiée chez une amie à Cergy, en janvier 2019. Elle avait alors pris contact avec les enquêteurs de l’antenne de police judiciaire de Cergy, en leur expliquant qu’elle était contrainte à se prostituer depuis son arrivée en France en mai 2017.


15 jours d’ITT pour le retentissement psychologique subi

Aux policiers, la jeune femme a confié qu’elle enchaînait les clients au foyer ADEF de Pontoise pour 10 ou 20 euros la passe. Une somme dont elle reversait la majeure partie à son compagnon. Elle se prostituait sous la contrainte du lundi au samedi parfois le dimanche, et ne gagnait au final qu’une centaine d’euros par mois.

Selon elle, une dizaine d’autres filles se prostituaient là-bas. Examinée par un psychiatre, elle s’est vu délivrer 15 jours d’incapacité totale de travail (ITT) psychologique. Concernant les traces de violences physiques qu’elle portait sur son corps, un autre médecin de l’unité médico-judiciaire (UMJ) lui a délivré 2 jours d’ITT.

Séquestrée sans ses documents d’identité

Les enquêteurs ont recueilli le témoignage d’une amie d’Aida, qui a affirmé que cette dernière subissait des violences et des menaces de la part de son compagnon, qui l’enfermait parfois chez elle en lui retirant ses papiers.

Introuvable pendant un certain temps, le mis en cause a finalement été localisé par les enquêteurs de la police judiciaire grâce à un numéro de téléphone retrouvé dans une plainte déposée à Sarcelles, en décembre dernier.

Interpellé dans la rue

L’homme a été convoqué par les enquêteurs le 15 janvier dernier mais ne s’est pas présenté au rendez-vous. Entre-temps, il avait repris ses menaces : « Si tu ne me paies pas pour les frais que j’ai avancés pour te faire venir en France, je vous tue, toi et ton enfant », avait-il écrit dans un SMS envoyé à Aida, mère d’un nourrisson de 4 mois.

Bien décidés à retrouver le suspect, les enquêteurs ont placé les abords d’un restaurant sous surveillance. L’établissement avait été évoqué par la jeune femme comme étant un lieu de fréquentation habituelle de son proxénète. Il a été interpellé le 21 janvier, devant l’établissement, avant de faire l’objet d’une comparution immédiate à l’issue de sa garde à vue.

L’homme a nié les faits reprochés, concédant seulement avoir eu une relation de 2 ans avec Aida. Il a finalement été jugé coupable de proxénétisme et violences volontaires.