Villiers-le-Bel : Poursuivi pour apologie du terrorisme, l’imam était aussi en situation irrégulière en France


La mosquée Quba à Villiers-le-Bel. (capture écran Google)

Un imam âgé de 33 ans a été placé en détention provisoire en l’attente de son procès qui se déroulera en novembre prochain. Il est poursuivi pour « apologie publique d’un acte de terrorisme » dans trois vidéos qui ont été diffusées sur le réseau social TikTok.

Luqman Heider, un imam de 33 ans, était jugé dans le cadre d’une comparution immédiate ce lundi au tribunal de Pontoise (Val-d’Oise) pour « apologie publique d’un acte de terrorisme » explique Le Parisien. Le prévenu a demandé un délai pour préparer sa défense et a été placé en détention provisoire, en l’attente de la nouvelle audience qui se tiendra le 12 novembre prochain.

Cet imam de Villiers-le-Bel avait été interpellé et placé en garde à vue la semaine dernière, puis déféré 48 heures plus tard. Trois vidéos diffusées sur TikTok lui sont reprochées. La première date du 9 septembre, il évoque les caricatures de Charlie Hebdo et déclare que que « les fidèles musulmans sont prêts à se sacrifier pour le prophète ».

« Attaquer les non-musulmans, les mécréants »

Dans la seconde vidéo qui date du lendemain, ce Pakistanais arrivé en France en 2015, explique qu’il faut « attaquer les non-musulmans, les mécréants », et « les envoyer en enfer ».

La troisième séquence remonte au 25 septembre dernier. L’homme rend hommage à l’assaillant qui a mené l’attaque terroriste le jour même devant les anciens locaux de Charlie Hebdo. « Depuis, ce brave est connu au Pakistan et dans tous les réseaux sociaux. Il est connu partout en Europe. Ce statut c’est grâce au prophète », affirme-t-il.


« J’ai commis une erreur… C’était pour faire le buzz… », a justifié le prévenu lors de l’audience, avant de présenter ses excuses. Les enquêteurs ont découvert que le mis en cause était logé dans la mosquée Quba de Villiers-le-Bel. Les responsables de cette dernière ont exigé son départ : « Depuis le jour ou on a découvert les vidéos, il ne fait plus partie de la mosquée », a précisé l’un des responsables.

Le prévenu exerçait à la mosquée en tant qu’imam et ne dirigeait la prière que de manière occasionnelle selon ses explications. L’homme donnait néanmoins des cours à des enfants de 6 à 11 ans le week-end.

En situation irrégulière en France

Luqman Heider est arrivé en France durant le mois d’octobre 2015 et a commencé à travailler à la mosquée l’année suivante. Ce dernier est en situation irrégulière sur le territoire français et a déjà fait l’objet de deux obligations de quitter le territoire (OQTF) ces dernières années, ainsi que d’une nouvelle durant sa garde à vue.

« Le terrorisme se commet aussi par la parole en instillant le poison de la haine et du chaos à des personnes qui, poussées par ce genre de propos, seraient capables de passer à l’acte », a souligné le procureur de la République au cours de l’audience. Le trentenaire doit désormais attendre le mois de novembre pour être jugé. Il risque jusqu’à cinq ans de prison.