🇫🇷 Yann Saillour : Le policier de BAC, grièvement blessé par un braqueur, se bat pour être indemnisé.

par Y.C.
Jean-Jacques (à gauche) père de Yann Saillour (à droite), policier grièvement blessé en service, qui a gardé de lourdes séquelles. DR.

Trois ans après avoir frôlé la mort, le policier doit se battre pour obtenir réparation.

Yann Saillour, ce nom vous parle peut-être. À l’époque des faits, l’attaque subie par ce policier de la brigade anti-criminalité (BAC) de Paris avait soulevé une vague de révolte au sein des rangs policiers. C’était le 5 octobre 2015 à Saint-Ouen : Yann Saillour, père de famille alors âgé de 38 ans, venait de recevoir deux balles dans la tête tirées par un braqueur multirécidiviste, devenu fugitif après une permission de sortie de détention.

Toujours pas indemnisé

Trois ans après, et alors qu’il garde de très lourdes séquelles après avoir frôlé la mort, le policier n’a toujours pas été indemnisé. Pis, la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) de Bobigny a débouté sa demande d’indemnisation, au prétexte qu’en tant que fonctionnaire de police, il bénéficie d’une protection fonctionnelle.

Les policiers moins bien protégés que les citoyens ?

Problème : cette protection fonctionnelle serait 50% à 60% inférieure à celle de la CIVI. En clair, un policier lourdement blessé en service serait moins bien protégé que n’importe quel citoyen. L’avocat de Yann Saillour a fait appel de la décision de la CIVI.

De graves séquelles

Interrogé par Le Parisien, le père de Yann, Jean-Jacques Saillour a bien voulu se confier. Sur les séquelles de son fils, il raconte : « Tout le côté droit de sa vision est amputé. Il lui est impossible de lire alors qu’il parvient à écrire. Il doit tout décomposer, syllabe par syllabe, comme un enfant. […] Il souffre de maux de tête quotidiens à cause des fragments de balle qui sont restés dans son crâne. Ses problèmes cognitifs et visuels empêchent toute autonomie. »

Un nouveau combat pour être indemnisé

S’il affirme que le Ministère de l’Intérieur a « toujours répondu présent, à la fois moralement et au niveau logistique », le père de Yann décrit la difficulté de son combat et de celui de son fils, pour obtenir une indemnisation. « Trois ans après le drame, alors que les complices du meurtrier ne sont plus très loin de leur sortie de prison, mon fils n’a toujours pas été indemnisé », ajoute Jean-Jacques Saillour qui se dit « écoeuré », « Je ne comprends pas que l’on soit obligé de se battre pour obtenir une indemnisation décente. Le policier risque sa vie pour protéger la société, mais il n’est pas protégé par celle-ci ».

Actu17.