Yvelines : Le mari violent meurt par strangulation dans sa cellule de prison à Bois-d’Arcy


Illustration. (PhotoPQR/L'Est Républicain/Maxppp)

Suicide ou meurtre ? Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur la mort violente d’un détenu du centre pénitentiaire de Bois-d’Arcy (Yvelines). Son autopsie met en défaut les déclarations de son codétenu.

Le corps sans vie d’un détenu de la prison de Bois-d’Arcy, âgé de 45 ans, a été retrouvé par les surveillants pénitentiaires dans sa cellule, dans la nuit de samedi à dimanche. Il était incarcéré en l’attente de son procès pour « violences conjugales », relate Le Parisien.

Ce mari violent avait été interpellé la semaine dernière à Conflans-Sainte-Honorine alors qu’il rodait devant le domicile de son ex-compagne, malgré une mesure judiciaire le lui interdisant. Après l’avoir repéré, cette dernière avait fait usage de son Téléphone grave danger (TGD).

Des expertises psychiatriques contradictoires

L’homme, défavorablement connu de la justice, souffrait de maladies mentales selon plusieurs experts psychiatres qui l’ont examiné. Toutefois, la dernière expertise menée durant de sa garde à vue indiquait qu’il était sain d’esprit. Devant cette contradiction, le juge avait ordonné à ce qu’un nouveau psychiatre donne son avis avant son procès.

Dimanche vers 3 heures du matin, c’est le codétenu du quadragénaire, un demandeur d’asile afghan de 32 ans, qui a alerté les surveillants pénitentiaires via l’interphone de la cellule. Lorsque les fonctionnaires sont arrivés dans la cellule, le corps de la victime gisait inanimé entre les deux lits, sa tête dans une mare de sang. Ils lui ont alors pratiqué un massage cardiaque, en vain.


Les déclarations du codétenu mises à mal par l’autopsie

Seul témoin de ce qui venait de se produire, l’Afghan a affirmé aux enquêteurs que la victime s’était plainte de maux de tête durant la soirée. Il a ajouté que le quadragénaire avait chuté deux fois de son lit, la dernière chute lui ayant coûté la vie.

Sauf que l’autopsie a révélé qu’il est décédé d’une asphyxie causée par strangulation, mettant à mal les déclarations du codétenu. « De nouvelles fouilles vont être entreprises dans sa cellule pour tenter de mettre la main sur une corde ou tout autre objet qui lui aurait permis de se donner la mort », a indiqué le procureur de la République de Versailles, Maryvonne Caillibotte, au quotidien francilien.

Pour sa part, le codétenu a déjà fait l’objet de deux condamnations pour violences depuis son arrivée en France en 2012. Il est entré sur le territoire national pour échapper, selon lui, « à des problèmes avec les Américains » dans son pays.

Il attend encore son jugement, après avoir blessé un autre homme dans un foyer de travailleurs migrants de Carrières-sous-Poissy, la semaine dernière. Ce détenu doit être de nouveau auditionné par les enquêteurs de la Sûreté départementale en charge des investigations. Le parquet décidera alors des suites à réserver à ce dossier.