Yvelines : Les cambrioleurs droguaient leurs victimes au gaz soporifique dans leur domicile


Illustration. (JPstock / Shutterstock)

Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette bande de malfaiteurs diffusait un mélange de gaz chez les victimes pour les neutraliser, avant de les dépouiller.


« Tox Home 78 » est le nom de code de la cellule d’enquête des gendarmes dédiée à cette affaire hors-normes. Elle a permis l’interpellation, ce jeudi, de quatre malfaiteurs qui avaient mis au point un mode opératoire singulier pour cambrioler leurs proies en toute tranquilité. Le coup de filet a été mené à Guyancourt, Rambouillet, Dreux et Lucé en Eure-et-Loir.

400 000 € de préjudice

Les mis en cause, âgés de 24 à 34 ans, sont soupçonnés d’avoir commis au moins dix-sept cambriolages et home-jackings dans les Yvelines depuis un an. Le préjudice total avoisine les 400 000 euros.

Un mélange de gaz soporifique

Leur mode opératoire, digne d’un scénario de film, est pour le moins original. Les voleurs diffusaient un mélange de gaz soporifique pour étourdir leurs victimes. Ils avaient alors champ libre pour les dépouiller avant de disparaître.

L’enquête débuté en mars 2018, lorsque les gendarmes d’Eure-et-Loir ont détecté un nombre important de vols de voitures de luxe dans un même secteur, le long de la route nationale N12.

Un couple de magistrats attaqué à son tour

La cellule dédiée à l’enquête a été mise en place en novembre 2018, après qu’un couple de magistrats a été victime des agissements de cette équipe de malfaiteurs.

Les gendarmes du groupement des Yvelines et de la section de recherches de Versailles ont agi de concert, mettant en commun leurs informations au sein de cette cellule nommée « Tox Home 78 ».

Étourdissements, vertiges et nausées

Ils ont pu déterminer que les malfaiteurs avaient utilisé un mélange gazeux d’hydroxyzine, un médicament aux propriétés sédatives qui inhibe une partie de l’activité du cerveau, et de toluène, un gaz utilisé dans un très grand nombre de secteurs d’activité comme le bâtiment et l’imprimerie, rapporte Le Parisien.

Rapidement, les enquêteurs sont parvenus à identifier plusieurs suspects. L’un d’entre eux est issu de la mouvance islamiste, selon le quotidien francilien. Les véhicules de luxe dérobés étaient réimmatriculés, et transitaient par la Belgique avant de terminer leur voyage en Afrique.

Coup de filet

Ce jeudi, les enquêteurs ont stoppé net les malfaiteurs avant qu’ils n’agissent de nouveau. Tous quatre ont été placés en garde à vue.

Une perquisition chez l’un d’entre eux a permis la saisie d’1 kg d’héroïne et près de 5 kg de résine de cannabis. Les gendarmes ont également découvert et saisi cinq voitures, dont trois signalées volées, 13 000 euros en liquide et de l’hydroxyzine.

Ils devaient être déférés devant la justice ce samedi pour être fixés sur leur sort.