Yvelines : Une adolescente de 14 ans droguée, violée et forcée à se prostituer à Carrières-sous-Poissy


Illustration. (Shutterstock / fizkes)

Le schéma est malheureusement habituel. Des adolescentes fugueuses, qui font l’objet d’un placement en foyer ou en famille d’accueil, tombent sous la coupe de proxénètes par l’intermédiaire d’un rabatteur. C’est ce qui est arrivé à cette jeune fille en errance, placée dans un foyer des Hauts-de-Seine.


Trois hommes et une femme, âgés de 24 à 29 ans, ont été mis en examen, ce jeudi à Versailles pour « viol sur mineur de 15 ans » et « proxénétisme aggravé », rapporte Le Parisien. Ils sont soupçonnés d’avoir drogué, violé et prostitué une adolescente de 14 ans en mai 2019. Cette dernière, placée dans un foyer des Hauts-de-Seine, avait fait la connaissance d’un jeune homme à La Défense qui l’avait charmée.

Elle avait ensuite été emmenée dans un appartement de Carrières-sous-Poissy (Yvelines), loué au préalable sur le site Airbnb. Lorsqu’ils étaient arrivés dans le logement, un homme les attendait. Ils avaient passé la soirée à fumer du cannabis et l’adolescente s’était endormie. Son calvaire avait alors débuté.

Elle tombe sous la coupe d’un proxénète

Au réveil, plus de jeune homme charmeur. Celui qu’elle avait rencontré à La Défense avait disparu. Dans l’appartement, ne se trouvait alors plus que l’homme qui les avait accueillis la veille. Ce dernier lui avait fait de nouveau consommer de la drogue en l’obligeant à poser pour des photos érotiques, avant de la violer.

Après cet épisode, l’homme lui avait proposé de se prostituer pour son compte, avant de publier des petites annonces sur des sites d’escort girls. L’adolescente de 14 ans avait commencé à enchaîner les passes contre 60 à 100 euros selon les prestations demandées par les clients. Au bout de cinq jours, le proxénète l’avait chassée du logement en lui assénant qu’elle n’était pas assez rentable.


Son éducateur alerte les autorités

C’est à ce moment-là qu’elle avait repris le chemin de son foyer et tout raconté à son éducateur. Ce dernier avait alerté les autorités et une enquête a débuté. Le rabatteur et le proxénète ont rapidement été identifiés et localisés par les enquêteurs de la Sûreté urbaine de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Les deux jeunes hommes, originaires de Chanteloup-les-Vignes, étaient déjà défavorablement connus de leurs services.

L’appartement où se déroulaient les passes a été lui aussi identifié et les policiers ont constaté qu’il avait été loué par une jeune femme, employée dans une crèche. Ils ont établi que le frère de celle-ci était en relation avec les deux mis en cause. L’enquête a également mis en lumière que les suspects avaient loué d’autres logements et publié plusieurs annonces pour des prostituées, sur des sites spécialisés.

Une fois l’enquête bien avancée et un certain nombre d’éléments à charge entre les mains des enquêteurs, mardi, ils ont interpellé le rabatteur et le proxénète, avant de les placer en garde à vue. La tâche n’a pas été difficile : tous deux étaient incarcérés à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy pour d’autres affaires judiciaires.

Des complices interpellés

Le frère et la sœur impliqués dans la location de l’appartement ont aussi été interpellés et placés en garde à vue. Ils se trouvaient à leur domicile d’Andrésy. En parallèle, les enquêteurs ont perquisitionné l’appartement de la famille du proxénète violeur, à Chanteloup-les-Vignes. Ils y ont découvert et saisi 13 200 euros en espèces, dont les proches du suspect assuraient ne pas connaître l’origine.

Le rabatteur de la Défense a quant à lui affirmé qu’il n’avait rien à voir dans cette histoire de proxénétisme et assuré ne se souvenir que d’« avoir vu une fille » chez un ami, à Carrières-sous-Poissy, relate le quotidien francilien. Lui-même entretenait une relation intime avec l’employée de crèche.

Face aux interrogations des policiers, cette dernière l’a décrit comme un « homme manipulateur », et déclaré avoir naïvement loué le logement de Carrières-sous-Poissy où ont eu lieu les passes. Elle a affirmé qu’elle n’était pas au courant de ses agissements.

Une affaire similaire en début de mois

À la mi-juin, quatre hommes de 29 à 38 ans avaient été interpellés à Villepreux. Ils sont soupçonnés de recruter des adolescentes en fugue pour les contraindre à la prostitution. L’une de leurs victimes, une adolescente de 17 ans, s’était échappée du foyer de l’aide sociale à l’enfance où elle était hébergée.

Elle avait subi la même mésaventure que l’adolescente de 14 ans de cette affaire, tombant entre les mains d’un rabatteur avant de finir sous la coupe de proxénètes.