Affaire des «primes de cabinet» : l’ex-ministre Claude Guéant écroué à la prison de la Santé

Claude Guéant, le 15 mai 2019. (photo Vincent Isore/IP3 Press/Maxppp)

L’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant, 76 ans, a été incarcéré à la prison de la Santé à Paris ce lundi matin dans le cadre de sa condamnation dans l’affaire des « primes de cabinet », à deux ans de prison dont un an ferme.

L’ex-ministre de l’Intérieur Claude Guéant a été écroué à la prison de la Santé ce lundi matin selon une source judiciaire, confirmant une information de LCI. Âgé de 76 ans, Claude Guéant a été condamné en 2019 en appel dans cette affaire, à deux ans d’emprisonnement dont un avec sursis et mise à l’épreuve, ainsi qu’à 75 000 euros d’amende et à une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans.

Les faits pour lesquels il a été condamné remontent entre 2002 et 2004, alors qu’il était le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Le haut fonctionnaire, aujourd’hui à la retraite, a puisé dans une enveloppe destinée aux frais d’enquête et de surveillance (FES) des policiers. La justice a estimé qu’il s’était versé 5000 euros par mois, en plus de son salaire de 8000 euros, auquel s’ajoutait des indemnités de 2200 euros. La procédure vise un montant de 210 000 euros perçus illégalement. La moitié des fonds avaient été remis à trois des collaborateurs de l’ex-ministre : Daniel Canepa mais aussi Michel Camux et Gérard Moisselin, qui ont eux aussi été condamnés en appel dans ce dossier.

L’incarcération de Claude Guéant ce lundi matin a été décidée par un juge d’application des peines (JAP) du tribunal judiciaire de Paris, le parquet général de Paris ayant révoqué sa liberté conditionnelle de six mois et son sursis partiel de trois mois, estimant que l’ancien ministre ne remboursait pas assez vite sa dette.

« Il ne peut pas payer plus »

L’avocat de Claude Guéant, Me Philippe Bouchez El Ghozi a réagi sur BFMTV, expliquant que son client remboursait déjà « tous les mois 3000 euros sur les 5500 qu’il a de retraite, il ne peut pas payer plus ». L’état de santé de Claude Guéant est « très fragilisé », a-t-il poursuivi, ajoutant que des médecins traitants avaient conclu que sa situation médicale « n’était pas compatible avec une incarcération ».