Le jeudi 1 octobre 2026 à 19:54
Le ministère de l'Intérieur a dressé ce jeudi soir un bilan très lourd d'une nouvelle journée de mobilisation lycéenne, marquée par des violences et des dégradations dans de nombreuses villes de France. Au total, 1 949 personnes ont été interpellées et 305 policiers et gendarmes ont été blessés. La veille, 625 interpellations avaient été recensées, ainsi que 83 policiers et gendarmes et 32 personnels de l'Éducation nationale blessés. La place Beauvau a demandé aux préfets de mobiliser les unités de forces mobiles. Le mouvement a débuté jeudi 24 septembre, après des appels lancés sur les réseaux sociaux et sur des messageries chiffrées. Plusieurs députés de La France insoumise (LFI) lui ont apporté leur soutien.
Un point de situation a été organisé à 19 heures au ministère, en présence des préfets de zone, des directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales, du préfet de police et des responsables des services de renseignement. À l'issue de cette réunion, Beauvau a constaté une "aggravation de la situation", estimant que celle-ci "n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines". Le ministère évoque des jets de mortiers, l'usage d'armes par destination contre les forces de l'ordre, des dégradations de mobilier urbain, des incendies de bâtiments publics et des pillages de magasins. Il pointe également la présence "d'individus venus pour casser" et de "pilleurs d'opportunité".
Le ministère de l'Intérieur "condamne avec la plus grande fermeté cette violence débridée, instrumentalisée en partie à des fins politiques par des élus de la République, qui, par leurs propos ou leur comportement, attisent la haine et la violence à l'égard des forces de l'ordre". Aucun élu n'est nommé dans le communiqué.
Un lycée incendié à Nantes
Ce jeudi, 1 027 établissements scolaires ont été concernés par la mobilisation, et 222 d'entre eux ont été bloqués, selon Beauvau. Des dégradations ont été constatées dans des établissements sur tout le territoire, notamment à Nice (Alpes-Maritimes), Dijon (Côte-d'Or), Besançon (Doubs), Valence (Drôme), Toulouse (Haute-Garonne), Bordeaux (Gironde), Montpellier (Hérault), Rennes (Ille-et-Vilaine), Saint-Étienne (Loire), Orléans (Loiret), Strasbourg (Bas-Rhin) et Rouen (Seine-Maritime). À Nantes (Loire-Atlantique), le lycée Nelson-Mandela a été incendié.
Blocus des lycées : le lycée Nelson Mandela à Nantes a été incendié ce jeudi matin vers 8 heures. Les causes de l'incendie sont inconnues à ce stade. pic.twitter.com/lYuEJPunRf
— Actu17 (@Actu17) October 1, 2026
La circulation des réseaux de transport a été temporairement interrompue à Nice, Marseille, La Rochelle (Charente-Maritime) et Orléans. À Bordeaux, la façade de la mairie a été visée par une tentative d'incendie. "Partout sur le territoire, sur chaque site, des dizaines, voire des centaines d'individus cagoulés ont affronté les forces de l'ordre pendant plusieurs heures", décrit le ministère. Il ajoute : "Ces faits comme ces modes opératoires sont ceux de délinquants et de casseurs, pas d'une jeunesse qui exprime légitimement des revendications."
Bordeaux : Incendie au lycée François Mauriac ce jeudi matinpic.twitter.com/A7QeE8WGta
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Des gendarmes blessés par un tir de mortier et une barre de fer
Beauvau déplore "une nouvelle fois la violence débridée exercée à l'encontre des forces de l'ordre". À Coulommiers (Seine-et-Marne), un policier a été blessé à la main par un tir de mortier. À Marseille, un commissaire et un officier de la police nationale ont été brûlés après l'usage d'une bombe agricole. Un officier de gendarmerie a par ailleurs été agressé par une foule hostile à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). À Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor), un gendarme a été frappé aux jambes avec une barre de fer. À Gien, un militaire a été blessé au visage par un tir de mortier.
Des sapeurs-pompiers ont également été pris pour cible : à Lormont, des individus les ont agressés au couteau. À Toulouse, cinq véhicules de la police et de la gendarmerie ont été dégradés. Selon le ministère, cette violence s'est "également exercée à l'encontre des personnels enseignants".
Marseille : Un camion de marins-pompiers pillé et incendié devant le lycée Saint-Exupéry en marge du blocus de l'établissementpic.twitter.com/dVZn4hPFcY
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Les protocoles CORAT activés dans 48 départements
La place Beauvau salue l'engagement des forces de l'ordre, qui ont agi "avec réactivité, proportionnalité et discernement pour faire cesser les troubles et maintenir l'ordre public". Les 1 949 interpellations ont essentiellement été réalisées pour des atteintes aux personnes dépositaires de l'autorité publique, des attroupements et des violences. Dans 48 départements, les préfets ont mis en œuvre, à la demande du ministère, les protocoles de coordination opérationnelle renforcée (CORAT). Ces protocoles permettent des bascules de forces entre la police et la gendarmerie pour intervenir sur les rassemblements violents en cours.
Le ministère de l'Intérieur a enfin donné pour instruction aux préfets et aux responsables de la police et de la gendarmerie de "mobiliser les unités de force mobile nécessaires au rétablissement de l'ordre républicain". Il leur a aussi demandé de recourir à "l'ensemble des outils de police administrative" pour prévenir les troubles. Ils doivent également décloisonner localement les moyens engagés grâce aux protocoles CORAT, afin de "traiter rapidement les troubles là où ils surviennent".