Le lundi 1 juin 2026 à 13:28
L'homme de 41 ans placé en garde à vue après la disparition de Lyhanna Rameau Bernard, 11 ans, à Fleurance (Gers), va faire l'objet d'une information judiciaire. Ce lundi 1er juin, la procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, a annoncé que son parquet se dessaisissait au profit du pôle criminel du parquet d'Agen (Lot-et-Garonne), les charges réunies contre le suspect étant jugées suffisantes. La collégienne a disparu vendredi 29 mai à la sortie de son établissement, et une enquête a été ouverte pour enlèvement et séquestration de mineure.
Dans un communiqué diffusé ce lundi, la magistrate a indiqué que "les charges pesant contre lui à ce stade de la procédure apparaissant suffisantes pour ouvrir une information judiciaire, mon parquet se dessaisit en fin de matinée pour le parquet d'Agen, pôle criminel". Le suspect est "actuellement toujours en garde à vue, du chef d'enlèvement et séquestration de mineur de 15 ans, crime puni de 30 ans de réclusion criminelle", a-t-elle ajouté. La procureure a toutefois souligné que, "la mesure de garde à vue étant toujours en cours, il est prématuré de communiquer sur le contenu des déclarations du mis en cause". Une communication du parquet d'Agen est désormais attendue.
Aperçue pour la dernière fois à la sortie du collège
Lyhanna, élève de 6e au collège Hubert-Reeves, a été aperçue pour la dernière fois vendredi vers 15 heures aux abords de son établissement. Les images de vidéosurveillance de la commune ont confirmé sa présence à bord d'un véhicule à 15h05. Sa disparition a été signalée à la gendarmerie le soir même, vers 18h45. Dès les premières heures, la piste d'une fugue a été écartée par les enquêteurs, la collégienne n'ayant jamais fugué.
Interpellé samedi à la mi-journée, le suspect a été identifié grâce à la vidéosurveillance. Il est le père d'une amie de Lyhanna et connaît également ses parents. Devant les fonctionnaires, il a affirmé avoir déposé la collégienne à la piscine de la commune, à la demande de cette dernière. Mais ses déclarations ont été "jugées incohérentes et imprécises", selon Clémence Meyer, qui avait prolongé la mesure de garde à vue de 24 heures.
Une «montée en puissance» des recherches
Les recherches ont connu une montée en puissance ce lundi. Soixante-dix gendarmes ont été déployés sur le terrain, appuyés par un hélicoptère, des équipes de moto-cross et des brigades cynophiles. Des plongeurs ont sondé une rivière et des lacs, tandis que des drones ont survolé la zone. Cet après-midi, les recherches doivent être orientées vers des bois situés au sud de Fleurance. "On est dans une logique de continuer notre montée en puissance, d'engager toujours plus de moyens, on sait que le temps passe, c'est le principal ennemi dans toute disparition de personne", a déclaré à l'Agence France-Presse le colonel Philippe de Laforcade, commandant du groupement de gendarmerie du Gers.
La veille, une centaine d'habitants de Fleurance avaient participé à une battue organisée par la gendarmerie. Celle-ci a permis de prélever "un certain nombre d'objets, d'indices", désormais analysés par les techniciens en investigation criminelle, a souligné à l'Agence France-Presse le colonel de Laforcade. Ce dernier a par ailleurs appelé la population à ne pas mener de recherches "autonomes" qui ne seraient pas encadrées par la gendarmerie. Un périmètre de sécurité a été installé autour de la base de loisirs où la fillette aurait été déposée, près de la rivière Gers.
«C'est une certitude qu'elle a été enlevée»
Un appel à témoins a également été diffusé, notamment sur les réseaux sociaux de la gendarmerie. Lyhanna est décrite comme une fillette brune, aux yeux marron et de corpulence normale.
La famille de Lyhanna reste sans nouvelle depuis trois jours. "C'est une certitude qu'elle a été enlevée, elle n'est pas partie d'elle-même", a confié à l'Agence France-Presse son père, Martial Bernard. Sa mère, Charly Rameau, a de son côté décrit la proximité du suspect avec sa fille, expliquant qu'il se rendait régulièrement au collège. "Je garde espoir, mais ça commence à être dur", a-t-elle témoigné auprès de M6.