Launaguet : Une femme tuée par balle et brûlée, son mari avait déjà été condamné pour l'assassinat d'une ex-compagne

Le suspect, déjà condamné pour l'assassinat d'une ex-compagne, était sous contrôle judiciaire. La victime disposait d'un téléphone grave danger, qu'elle n'avait jamais activé.
Launaguet : Une femme tuée par balle et brûlée, son mari avait déjà été condamné pour l'assassinat d'une ex-compagne
Illustration. (BreizhAtao / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 10 septembre 2026 à 20:27

Une femme de 40 ans a été tuée d'une balle dans la tête puis brûlée dans le garage de sa maison, à Launaguet (Haute-Garonne), au nord de Toulouse, ce mardi 8 septembre. Son mari, âgé de 54 ans et soupçonné d'être l'auteur des faits, a été retrouvé grièvement blessé par balle. Condamné en 2002 pour l'assassinat d'une ex-compagne, il était sous contrôle judiciaire depuis la fin du mois de juillet, après une plainte de la victime, qui disposait d'un téléphone grave danger (TGD). L'enquête porte sur des faits d'assassinat par conjoint en récidive légale, a indiqué ce jeudi le procureur de la République de Toulouse dans un communiqué, confirmant une information de La Dépêche.

Les secours ont été appelés vers 05h45 pour un incendie dans "un garage attenant à une habitation d'un quartier résidentiel" de la commune. Une fois le feu maîtrisé, ils ont découvert le corps de la victime, "le haut du corps en partie calciné". Les gendarmes de la communauté de brigades (COB) de Castelginest ont été dépêchés sur place. Dans le garage, les militaires ont relevé la présence d'"une douille de calibre 7,65".

D'après les constatations et les résultats de l'autopsie pratiquée jeudi matin à l'institut médico-légal (IML) de Toulouse, en présence du parquet, la quadragénaire a été "victime d'un tir à la tête immédiatement mortel" à son retour du travail. Elle a ensuite été "aspergée avec un produit inflammable", auquel l'auteur des faits a mis le feu. Ses deux enfants, âgés de 17 et 9 ans, dormaient dans la maison "en présence d'une adulte", leur mère travaillant de nuit.

Son époux a été localisé à plus d'un kilomètre de la maison, "gravement blessé à la tête par un tir effectué avec un pistolet semi-automatique". Il est "toujours hospitalisé dans un état critique". Les analyses balistiques devront préciser le calibre de ce pistolet et vérifier que les deux tirs proviennent de la même arme. Elles doivent aussi établir "s'il s'agit bien d'un féminicide, suivi d'une tentative de suicide de son auteur", précise le magistrat.

Un assassinat en 1999

En 2002, la cour d'assises de Guyane a condamné le quinquagénaire "pour l'assassinat commis en 1999 d'une ex-compagne par un tir avec une arme de poing". Libéré du centre de détention de Muret en 2010, il a de nouveau été condamné pour plusieurs délits routiers, puis pour un vol avec violences en 2023. En matière criminelle, la récidive légale n'est soumise à aucun délai, ce qui permet de la retenir plus de vingt ans après le verdict de 2002.

Une plainte déposée fin juillet

Parents d'une fillette de 9 ans, les époux se connaissaient depuis plus de dix ans. Ils s'étaient séparés après la plainte déposée par la victime le 25 juillet à Lavaur (Tarn), où elle s'était réfugiée chez son père. Elle y dénonçait des faits "d'appels malveillants, de violences psychologiques ayant entraîné un jour d'ITT, et d'atteintes à l'intimité" commis par son conjoint, "sans qu'il soit fait état de violences physiques". Celui-ci avait été placé en garde à vue dès le lendemain à Castelginest, puis déféré au parquet de Toulouse le 27 juillet.

Le juge des libertés et de la détention (JLD) avait suivi les réquisitions du parquet en le plaçant sous contrôle judiciaire. Il avait "interdiction de paraître au domicile du couple à Launaguet, de rencontrer la victime, de porter une arme". Des soins et un suivi par une association de contrôle judiciaire lui étaient également imposés. En août, il avait "respecté les deux convocations du contrôleur judiciaire" et "aucune violation des obligations n'avait été signalée", selon le parquet.

Un téléphone grave danger jamais activé

La plaignante avait fait l'objet d'une "évaluation approfondie" menée par l'association d'aide aux victimes du Tarn. Sur cette base, le parquet de Toulouse lui avait attribué un TGD, remis le 5 août, lorsqu'elle était rentrée chez elle. "Elle n'avait jamais activé son TGD depuis lors", ajoute le procureur.

L'unité d'accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED) a pris en charge les deux enfants de la mère de famille, tandis que le dispositif Victime gravement traumatisée de France Victimes 31 a été déclenché pour le reste de la famille. Les investigations, conduites "du chef d'assassinat par le conjoint de la victime, en récidive légale", ont été confiées à la brigade de recherches de Toulouse Saint-Michel.