Propos antisémites présumés en 2013 : Jordan Bardella dénonce des «faux grossiers» et annonce des poursuites contre Mediapart

Selon Mediapart, le président du Rassemblement national aurait tenu des propos antisémites dans des conversations écrites datant de 2013. L'intéressé conteste formellement et évoque des "faux grossiers".
Propos antisémites présumés en 2013 : Jordan Bardella dénonce des «faux grossiers» et annonce des poursuites contre Mediapart
Jordan Bardella à Toulon, le 6 novembre 2025. (Obatala-photography / Shutterstock)
Par Actu17
Le lundi 28 septembre 2026 à 17:05

Jordan Bardella a annoncé ce lundi 28 septembre avoir chargé son avocat d'engager des procédures judiciaires contre Mediapart. Le média d'investigation a publié des échanges écrits de 2013 dans lesquels il affirme que le président du Rassemblement national (RN) tient des propos antisémites, à l'époque où il militait au Front national. Jordan Bardella dément fermement et dénonce des "faux grossiers".

Le député européen a réagi sur le réseau social X dans l'après-midi. "Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites que j'aurais prétendument tenus alors que j'étais mineur. Il s'agit évidemment de faux grossiers", a-t-il écrit. Il a poursuivi : "Au moment où la victoire de nos idées n'a jamais été aussi proche, une certaine presse militante est prête à monter des opérations de barbouzerie, pour déstabiliser la campagne présidentielle et attenter à mon honneur." Et d'annoncer : "Par conséquent, j'ai chargé mon avocat d'engager toutes les procédures nécessaires face à Mediapart."

Des propos sur «un nouvel ordre mondial dominé par Israël»

Mediapart affirme disposer de plusieurs dizaines d'échanges écrits, remontant à l'été 2013, dont l'authenticité aurait été vérifiée de façon indépendante. Jordan Bardella y aurait notamment soutenu que "toutes les banques sont détenues par des juifs". Il aurait aussi écrit que "le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur". Dans le même message, il aurait cité l'essayiste Bernard-Henri Lévy et l'économiste Jacques Attali comme "deux beaux exemples" en France. "Et c'est ce qu'ils veulent, un nouvel ordre mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale", aurait-il poursuivi.

Dans d'autres messages, il aurait visé plusieurs ministres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, dont Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls. Il aurait estimé que les ministères les plus importants revenaient "à des personnes pour qui Israël et l'intérêt bancaire priment sur les intérêts français". Il aurait également salué les "analyses" de l'essayiste Alain Soral, ainsi que le "vrai combat d'idées" de l'humoriste Dieudonné M'bala M'bala, qui avait alors déjà été condamné pour provocation à la haine.

La question de son âge au moment des faits

Contacté par Mediapart avant la publication, Jordan Bardella a répondu par e-mail. Il y conteste avoir tenu "en public comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type". "Le fait que je n'étais pas militant actif au sein du Front national durant l'été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces 'sources'", a-t-il ajouté.

Le président du RN a fêté ses 18 ans le 13 septembre 2013. Il avait adhéré au parti dès 2012.

«Ça ne peut être qu'un faux», selon Marine Le Pen

Interrogée en marge du salon Batimat, Marine Le Pen a pris la défense du président du RN. "Ça paraît tellement dingue que ça ne peut être qu'un faux, qu'une manip, qu'une barbouzerie", a déclaré la candidate du RN à la présidentielle.