Quatre policiers se sont donné la mort en l'espace de 48 heures

INFO ACTU17. Deux gardiens de la paix, un capitaine de police en poste en Tanzanie et un élève gardien de la paix sont morts les 15 et 16 août. Vingt suicides ont été recensés dans la police nationale depuis le 1er janvier.
Quatre policiers se sont donné la mort en l'espace de 48 heures
Illustration. (Jose Hernandez Camera 51/shutterstock)
Par Stéphane Cazaux
Le mardi 18 août 2026 à 15:40

Quatre policiers ont mis fin à leurs jours en l'espace de deux jours, les samedi 15 et dimanche 16 août 2026, a appris Actu17. Trois d'entre eux sont morts le samedi, le quatrième le lendemain. Les circonstances de ces drames ne sont pas connues.

Un gardien de la paix de 51 ans, affecté à l'unité de police-secours (UPS) de nuit du service départemental de sécurité publique (SDSP) de la circonscription de police nationale de Laval (Mayenne), s'est donné la mort à son domicile, dans la Sarthe. Marié, il était père de trois enfants.

Un capitaine de police détaché à l'étranger

Le même jour, un capitaine de police de 50 ans a également mis fin à ses jours à son domicile de Dar es Salaam, principale ville de Tanzanie. Ce fonctionnaire était détaché auprès du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et occupait un poste dans ce pays d'Afrique de l'Est. Il était lui aussi marié et père de deux enfants.

Les policiers et gendarmes détachés auprès du Quai d'Orsay sont, pour l'essentiel, affectés dans les services de sécurité intérieure installés au sein des ambassades françaises. Ce réseau est piloté par la direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS), commune à la police nationale et à la gendarmerie nationale, et compte près de 300 fonctionnaires et militaires répartis dans 76 services à l'étranger. Placés sous l'autorité conjointe de l'ambassadeur et du directeur de la DCIS, les attachés de sécurité intérieure, leurs adjoints et les officiers de liaison animent la coopération avec les services de police locaux, en particulier dans la lutte contre les trafics de stupéfiants et d'armes, le terrorisme et l'immigration irrégulière. La fonction précisément occupée par le capitaine de police à Dar es Salaam n'a pas été communiquée.

Toujours le 15 août, un élève gardien de la paix de 29 ans est mort à Marseille. Il suivait sa formation à l'école nationale de police (ENP) de Nîmes (Gard).

Le lendemain, dimanche 16 août, un gardien de la paix de 36 ans s'est donné la mort à son domicile situé dans un village de Seine-et-Marne. Il était affecté à la brigade police secours (BPS) du commissariat de Gagny (Seine-Saint-Denis). Marié, il était père de trois enfants.

Un décompte plus large que le suivi d'Actu17

Ces quatre drames portent à vingt le nombre de suicides enregistrés dans les rangs de la police nationale depuis le 1er janvier 2026, selon un décompte transmis à Actu17. Ce comptage est plus large que le suivi tenu jusqu'à présent par notre rédaction, limité aux drames portés à sa connaissance.

Sollicité, le service d'information et de communication de la police nationale (SICOP) n'avait pas répondu au moment de la publication.

Si vous ou l'un de vos proches êtes confrontés à des pensées suicidaires, vous pouvez contacter le 3114, le numéro national de prévention du suicide, où des professionnels sont disponibles 24h/24 et 7j/7 pour vous écouter et vous soutenir.

Une ligne d'écoute dédiée est disponible pour les fonctionnaires de la police nationale en souffrance psychologique, victimes d'agressions ou de menaces, au 0800 95 00 17, tous les jours de 5 heures à 23 heures. Une cellule de soutien psychologique est aussi ouverte 24h/24 au 0805 23 04 05. Les appels sont "anonymes, confidentiels et gratuits".

Trois associations se mobilisent pour la prévention des suicides dans la police nationale : SOS Policiers en Détresse (PEPS-SOS), Alerte Police en Souffrance (APS) et l'Amicale de la police nationale.